– Martine Rouhart – Poésies –


Être ailleurs…

Être ailleurs
dans la paresse
d’un jour aquarelle
Seul
le tremblement
des ailes

Martine Rouhart (juin 2021)

Laisse tomber…

Laisse tomber
au fond de ton cœur
les petites pierres
de regret
enferme-les
à jamais
dans tes mots

Martine Rouhart (mai 2021)

Tu dors…

Tu dors
dans mes rêves
je dors
dans les tiens
en dormant
on s’écoute respirer
bruissant
de soie
de toi de moi
de je ne sais quoi
de joie

Martine Rouhart (avril 2021)

Écrire la nuit…

Écrire la nuit
des images
brûlantes
de solitude
écrire la nuit
pour faire
miroiter
les mots
sous la lune

Martine Rouhart (mars 2021)

Chaque matin…

Chaque matin
un poème se déplie
tombé
des hauteurs
d’un ciel
bleu de nuit
chaque soir
l’oiseau
replie ses ailes
le livre
de mes poèmes
se referme

Martine Rouhart
février 2021

La clé

Le poème
 
refuge improvisé
de nos matins
battus de pluie
 
cabane
au bord de l’eau
qui éloigne la tristesse
 
surtout
ne perds pas
la clé
en chemin

Martine Rouhart
Janvier 2021

Que mes mots…

Que mes mots
ne ferment jamais
leurs ailes
et ne s’endorment pas
Je leur donne déjà
mes jours
faudrait-t-il
que je leur laisse
mes nuits

Martine Rouhart

Se mettre en chemin

Tu ouvres les yeux
tu pousses la porte
de ton monde
et tu attends sur le seuil
tu attends
une poussière de soleil
un geste du vent
pour te mettre en chemin

Martine Rouhart
novembre 2020

Pardonne-moi…

Pardonne-moi
pour toutes ces fois
où je suis en face de toi
quand tu me cherches
et ne me trouves pas
 
devenue nuage
sans le vouloir
sans y penser
 
comme si tout à coup
j’oubliais d’être là

Parfois il pleut …

Parfois il pleut
dans mes poèmes
 
une ondée passagère
traversée d’oiseaux
 
Et souvent
après l’orage
 
il pleut
des gouttes de lumière

Les jours clairs

La simplicité
de l’aube
qui se contente
de lumière
frémit
pour un oiseau
 
Les jours clairs
je vais et viens
du jardin des oiseaux
au jardin des mots
si tu savais
comme le temps
passe vite
de poème en poème
 
J’ai une heure d’avance
sur le soleil
je serai la première
à sentir battre
le cœur des arbres
sous ma paume

Deux ou trois feuilles…..

Deux ou trois feuilles
 
dans l’air mouillé
flâneuses
lumineuses
 
si seules

La joie…..

La joie
d’entendre
le rossignol
revenu de son absence
une absence
que nous n’avions
pas vue