– Jean-Luc Werpin – poésies –


souvent je mens …

souvent je mens à mes larmes
mes larmes je me les garde
je me les garde intactes
intactes et précieuses
précieuses compagnes
compagnes de mes solitudes
*****
minuit sonne
une cloche lointaine
égrène le glas
d’un jour défunt
*****
je suis mots
je fus instant
unique et éphémère
instant que le temps noie
*****
derrière l’horizon
par delà l’océan
il est tant de mots
dont je ne sais rien
parfois j’entends l’écho
les murmurer à mon oreille
*****
dès matin venu
cueillir la première eau
sur la feuille de houx
~ moineaux au jardin
*****
d’un doigt
je dessine le vide
j’y serai demain
la longue longue nuit m’attend
impatiente
*****
les jours nous ressemblent
comme nous
ils naissent vivent et meurent
 
alors ils se font rêves
parfois légendes

Premiers extraits d’un prochain recueil (fin 2022 ? ou début 2023)

un jour…

un jour
jour pour jour
~ hier
jour pour jour
un jour
 
******
être un poète pauvre
pauvre en mots et syllabes
 
quelques vers griffonnés
ornés de peu et peu
 
en écho des silences
 
******
la lune sur l’horizon
~ mes mots
naufragés en dérive
 
******
n’être qu’un instant
frêle esquif
sur l’océan du temps
 
y naître
y survivre
à l’écart des embruns
des vagues et des vents
même brièvement
 
somptueux
je suis cet instant
 
******
là-bas
l’océan
m’appelle
 
le soleil
au couchant

Menues Monnaies

mes mots partagés ~
j’enfouis mes silences
en cœur d’intime
 
sommeil du sage ~
à l’ombre du tamaris
rêve un papillon
 
à peine écrit
déjà effacé
~ l’instant
 
peintre polisson
ce moussu mont de vénus
sous son vif pinceau
 
au hasard des maux
~ la douleur
choisit ses mots
 
automne pluvieux
~ toute la tristesse
d’un ciel monochrome
 
pluie d’automne ~
détrempé le sentier
s’estompe
 
ces mots
sont-ils mes maux
~ question que je me pose

Poèmes divers

rien
moins que rien
à peine quelques lettres
à peine quelques mots
quelques lettres et mots d’un poème
d’un poème porté par les vents
et que les vents dispersent
n’être rien
 
je partirai un jour
demain peut-être
ou plus tard c’est mieux
car c’est ce que l’on me dit
je partirai sans bruit
presque sans déranger
sur la pointe des pieds
cueillir les silences
loin de tout
loin de tous
 
pause toi
pour à l’écart des fracas
entendre l’inaudible
toute en silence la voie du sage
~ les mots n’enseignent rien