— Danièle Dulière – Poésies –


Viens !

Viens là-bas, je t’attends !
Aux confins de la lagune,
Là où vient cogner l’océan
Contre les dunes.
 
Viens là-bas, je t’attends !
Juste à la frontière
Entre les soupirs du vent
Et le souffle de la terre.
 
Viens, viens dans ma lagune…
Nous imprimerons nos blessures
Dans le sol sablonneux, une à une.
Il n’y aura plus de fêlures.
 
Viens là-bas ! Viens !
Sur la barque abandonnée,
Lentement, sous les palmiers nains,
Nous glisserons vers la nuit étoilée…
Frôlant les ronces et broussailles,
Nous atteindrons l’estuaire bleuté,
Là où les mouettes en bataille
Se disputent la fin de l’été.
 
Viens là-bas, je t’attends !
Echoués sur un banc de sable,
Nous nous coucherons entre les roseaux…
Nous écouterons l’étrange fable
Que se racontent les crapauds.
 
C’est alors qu’une libellule,
Un peu ivre,
Dansera devant la lune…
 
Viens !
C’est cela, vivre !!

La Fuite

Repu de discussions,
De querelles assassines,
Il courut au creux du vallon,
Là où se dessinent,
Entre les herbes folles,
Tous ces rêves improbables
Qui fascinent et affolent
En impossibles fables.

Courant à perdre haleine,
Dans un grand cri muet,
Il voulait tuer sa peine,
Egrenant le chapelet
De ses douleurs
Tout au long de sa course,
Assoiffé de langueur,
De calme, de voix douce…

Il voulait briser ses chaînes,
Rêvant de siestes fauves,
De languides sirènes,
De crépuscules mauves

Enfin, à bout de rage,
Il s’effondra dans l’herbe
Et s’offrit aux pluies, aux orages,
Aux aurores superbes…

(…)

Les bras en croix

Les yeux fermés,
Il parvint à calmer
Son vieux coeur torturé.
 
L’ air était embaumé.
 
Les stigmates du passé
Peu à peu s’estompaient…

Soudain, il sentit un baiser
Sur ses lèvres endormies…
 
Le retour de l’été,
De l’espoir, de la vie !