– Carino Bucciarelli – Poésies –


Revêtu de pierres…

Revêtu de pierres
je traverse les couloirs d’une maison inconnue
 
La roche ne pèse d’aucun poids sur ma personne
ainsi
il m’est aisé de déambuler dans une demeure
où je ne connais aucun des habitants
 
Je ne croise d’ailleurs personne
 
Pourtant
je partage brusquement ma table
avec un convive habillé de pierre tout comme moi
 
Est-il homme ou femme ?
moi-même ou une autre personne ?
il m’est impossible de le savoir
dans cette demeure sans miroirs
 
On ne nous a pas servi de repas
 
En avons-nous d’ailleurs besoin
revêtus de schiste comme nous le sommes ?
 
Manger reste l’apanage des vivants des utiles et des affamés

Qui me nomme…

Qui me nomme
assure une naissance
 
Le souffle de ma pensée
détruit ma pensée
 
Ainsi je germe sans arrêt
dans chaque motte de terre
absente du sol aseptisé
de ma chambre
 
Le souffle de la parole
balaie la parole
communiquant à ma langue
une extension nouvelle

Carino Bucciarelli