– Anne-Marie Weyers – Poésies –

Quand tu ouvres la fenêtre

Quand tu ouvres la fenêtre et salues mon pas
Mon âme s’épanouit au souffle de la grâce
Quand tu scrutes ma pupille et dis : « comment vas-tu » ?
Respect dans la voix, attention du regard
La nuit s’emplit d’étoiles et me souffle à l’oreille
Le chant oublié, la douceur de l’instant
 
Quand je te dis au revoir et m’éloigne de toi
Ton bras s’élève en fleur à cinq pétales
Ta frêle silhouette se dévide en tremblant
Fil de tendresse qui me suit dans la brume
S’y consume aux volutes d’une danse-caresse
Son parfum me guide et console mon âme
 
A fleur de ravins ma route sinue incertaine
Elle sombre au cœur noir et profond de l’oubli
Passés les cols de détresses et d’effrois,
Ma solitude fuit l’ombre de la nuit
Et gravit aveugle le lit de torrents asséchés
 
A mes pieds là-haut, dans la rosée du vertige
S’ouvre devant moi l’infiniment infini
D’un panorama de lunes et soleils confondus
Un enfant de nulle part traverse le ciel en courant
Il me trace un chemin, l’arabesque d’un rêve
Langue dormante aux accents mémoriels
Gerbe d’étoiles qui gicle en fusée de détresse
Dans la nuit où je guette un geste de la grâce,
Le frémissement d’un bras fleuri de cinq pétales
 
L’automne venu, il palpitera une dernière fois
A la fenêtre de ton amour
Ornant les traces de tes pas déjà lointains
D’un tendre souffle de mémoire
 
Quand tu ouvrais la fenêtre pour un adieu
Lunes et soleils
Douceur d’enfant dans le ciel
En courant
 
Maman !

Anne-Marie Weyers

La pierre chante

Sous le jardin de pierre
Un poème demeure
 
La pierre le couvre
L’abreuve de sagesse
 
Quand vient son heure
Il la transperce
 
Fleurit et meurt
Offre ses graines
 
L’oiseau chanteur
Y fait honneur
 
En sa gorge fleurit
Un beau poème bleu