mai 11

– Renée Wohlmuth – poésies –

Oui…. Et … Non

Je t’aime, tu m’aimes
Nous nous aimons
Et nous nous marions
Je l’aime, tu l’aimes
Nous les aimons
Alors nous divorçons
Et nous nous remarions.

Illusion

Est-ce de m’avoir trop regardée
Que tu t’es brûlé les yeux
Tes yeux si doux si bleus
Que le désir a souvent fait briller

Que vas-tu imaginer misérable tyran

Mon regard n’est plus tourné vers toi

Je préfère de loin les jolis minois

Qui n’ont pas comme toi quatre fois vingt ans

Crois-tu que c’est l’éclat de tes yeux
Qui attire ces tendres jouvencelles
Leur regard louche vers ton escarcelle
Et peu leur chaut que tu sois vieux

Peu m’importe cela je veux être dupe

Penser que j’ai encore vingt ans

Et que ce sont mes cheveux blancs

Qui attirent ces gentes demoiselles

Tableau Nocturne

Je te crée au gré de mes fantasmes
Et je me fonds en toi qui m’enserres dans tes bras.
Bercée par ta voix que je module
Je danse au bord de tes paupières
Et tes cils déposent sur ma joue un long baiser papillon.
Je me noie dans l’eau claire de tes yeux
Qui tisse sur ma peau un soyeux voile de lune.
Je peins sur ta bouche le miel le plus sucré
Qui colore mes lèvres d’un suave parfum de fleurs.
Tu es né de mes fantasmes
Et tu meurs dès que le jour paraît.

Les Larmes D’Ariane

Qu’as-tu fait Ariane pour mériter ton sort ?
Séduite par Thésée, insensée tu l’aimas.
Bercée par ses serments, tu lui abandonnas
Ton cœur, ton âme, ta vie, tout cela sans remords.
 
Naïve déesse aux belles tresses d’or
Ton cœur maudit Thésée à qui tu te donnas.
Père, frère, patrie tu lui sacrifias
Pour que du Minotaure il obtienne la mort.
 
Tu as aidé Thésée, ce fourbe, ce menteur.
Grâce à ton stratagème il put sortir vainqueur.
Mais hélas, te voilà délaissée et trahie
 
Sur l’île de Dia tu pleures ton amour
Tu implores les dieux pour qu’ils prennent ta vie
Mais Bacchus te promet de veiller sur tes jours.

Éveil

Viens ma Douce pose ta tête sur mon épaule
Et loin du tumulte de la ville
Goûtons ensemble le silence
Le souffle sourd du vent dans les branches
Le bruissement des feuilles lutinées
La danse rythmée de l’ondée matinale
Et le concert discret des oiseaux égayés
Viens ma Douce pose ta tête sur mon épaule
Et écoute mon cœur qui bat au rythme du tien

Clair-obscur

Ton absence épouse l’infini du temps
Piquée sur un ciel de velours
Vénus scintille au coin de ma fenêtre
Clin d’œil d’une amie restée fidèle
La lune s’est perdue dans le ciel sombre
 
Lueur blafarde au milieu des cyprès noirs
Dans le jardin un chat solitaire miaule
Irritante complainte pour le silence brisé
Ma main sous les draps blancs te cherche
Rêve fugace pour un cœur esseulé
 
Demain le soleil paradera dans un ciel neuf
Feu vibrant au sommet des cyprès dorés
Un vol de mésanges s’égaiera dans les buissons
Gazouillis charmants pour un triste réveil
Ma main sur l’oreiller cherchera ton visage
Caresse furtive et vaine destinée à l’absent

Pourquoi ?…

Pourquoi viens-tu si tard ? La Parque déjà agite ses ciseaux.
Soleil de mon couchant, tu éclaires ma nuit qui lentement approche.
J’aurais tant voulu encore, avec toi, jouir de mille choses :
Poser ma tête sur ton épaule et, sur le petit pont de bois,
Écouter la chanson claire de l’eau sur les rochers.
Deviner, entre tes bras, la pluie et son murmure de soie froissée.
Au creux de ta main, dans le verger, croquer une pomme à la robe étoilée.
Me blottir contre ton corps devant l’âtre où rougeoie un feu parfumé.
Et deviner encore, au profond de tes yeux, le cri de ton silence forcé.
Pourquoi viens-tu si tard ? La Parque déjà agite ses ciseaux.
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Empreintes de pieds nus…

Empreintes de pieds nus
Sur le sable doré
Vers l’Océan gris
Où tout s’oublie

 

Griffures de mains d’homme
Sur le corps bronzé
Vers le lieu secret
Où tout vibre et frémit

 

Baisers durs et mordants
Sur les lèvres serrées
Vers le cruel plaisir
Où tout se brise et meurt.

Un train s’arrête…

Un train s’arrête
Le quai se vide
La nuit s’enfuit
L’aube fleurit
Je suis seule
 
Un train s’éloigne
Le quai se vide
Le ciel bleuit
Le soleil luit
Je suis seule
 
Demain je reviendrai
Demain je t’attendrai

Je traîne mon ennui

Je traîne mon ennui
Comme un forçat son boulet
Ma couche froide a gardé
Le creux profond de ton corps
Mes jours sans soleil
Et mes nuits tourmentées
Ravivent le souvenir
Du feu de tes mains
De l’éclat de tes yeux
De nos silences complices
De nos serments chuchotés

J’ai mal à t’attendre

Adieu ou au revoir

Adieu ou au revoir
Qu’importent les mots
Puisque tu pars
Et que le plus jamais
A chassé le toujours.
Nos rêves, vibrantes lucioles,
Ont brûlé à l’ardeur de nos désirs
Et le passé vorace dévore notre avenir.
Je t’ai offert mon cœur et mon âme
Tu désirais la mer et les étoiles.
Alors va et que l’adieu ne soit qu’un au revoir

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