mai 11

– Renée Wohlmuth – poésies –

❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈ Séance du 17-11-2018 ❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈

Clair-obscur

Ton absence épouse l’infini du temps
Piquée sur un ciel de velours
Vénus scintille au coin de ma fenêtre
Clin d’œil d’une amie restée fidèle
La lune s’est perdue dans le ciel sombre
 
Lueur blafarde au milieu des cyprès noirs
Dans le jardin un chat solitaire miaule
Irritante complainte pour le silence brisé
Ma main sous les draps blancs te cherche
Rêve fugace pour un cœur esseulé
 
Demain le soleil paradera dans un ciel neuf
Feu vibrant au sommet des cyprès dorés
Un vol de mésanges s’égaiera dans les buissons
Gazouillis charmants pour un triste réveil
Ma main sur l’oreiller cherchera ton visage
Caresse furtive et vaine destinée à l’absent

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Pourquoi ?…

Pourquoi viens-tu si tard ? La Parque déjà agite ses ciseaux.
Soleil de mon couchant, tu éclaires ma nuit qui lentement approche.
J’aurais tant voulu encore, avec toi, jouir de mille choses :
Poser ma tête sur ton épaule et, sur le petit pont de bois,
Écouter la chanson claire de l’eau sur les rochers.
Deviner, entre tes bras, la pluie et son murmure de soie froissée.
Au creux de ta main, dans le verger, croquer une pomme à la robe étoilée.
Me blottir contre ton corps devant l’âtre où rougeoie un feu parfumé.
Et deviner encore, au profond de tes yeux, le cri de ton silence forcé.
Pourquoi viens-tu si tard ? La Parque déjà agite ses ciseaux.
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Empreintes de pieds nus…

Empreintes de pieds nus
Sur le sable doré
Vers l’Océan gris
Où tout s’oublie

 

Griffures de mains d’homme
Sur le corps bronzé
Vers le lieu secret
Où tout vibre et frémit

 

Baisers durs et mordants
Sur les lèvres serrées
Vers le cruel plaisir
Où tout se brise et meurt.

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Un train s’arrête…

Un train s’arrête
Le quai se vide
La nuit s’enfuit
L’aube fleurit
Je suis seule
 
Un train s’éloigne
Le quai se vide
Le ciel bleuit
Le soleil luit
Je suis seule
 
Demain je reviendrai
Demain je t’attendrai

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Je traîne mon ennui

Je traîne mon ennui
Comme un forçat son boulet
Ma couche froide a gardé
Le creux profond de ton corps
Mes jours sans soleil
Et mes nuits tourmentées
Ravivent le souvenir
Du feu de tes mains
De l’éclat de tes yeux
De nos silences complices
De nos serments chuchotés

J’ai mal à t’attendre

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Adieu ou au revoir

Adieu ou au revoir
Qu’importent les mots
Puisque tu pars
Et que le plus jamais
A chassé le toujours.
Nos rêves, vibrantes lucioles,
Ont brûlé à l’ardeur de nos désirs
Et le passé vorace dévore notre avenir.
Je t’ai offert mon cœur et mon âme
Tu désirais la mer et les étoiles.
Alors va et que l’adieu ne soit qu’un au revoir

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