décembre 10

– Olivier Ava-Arden – poésies –

Rien Lâcher!

encore chaud!
 
encore chaud
d’abord se compter
se faire les poches se tâter
tant de trésors accumulés
de surtaxes tendrement dévoyées
 
encore chaud
de fusion de bonheur d’ombre moite
d’élection de domicile à la cloche
de chattes en chasse
de champs dressés d’échassiers
de limiers de traces fraîches
pister les prairies au creux de l’été
de renoncules en mimosas
 
encore chauds
corps chauds de nos cerveaux
de leurs transes énamourées
temps de toucher à l’extase
temps de visiter les autres patries
où appellent ces volées de cloches cadencées
 
encore chaud
l’espoir baffé et bafouillant des garnements
la crête au tutti frutti d’acier
briser les conventions
choyer les yéyés dévoyés
fiers polissons des patiences de demain
 
encore chaud
ce qui fait vibrer
face à l’imposture d’un pouvoir détourné
cesser de se laisser distraire
esquiver
cueillir le fruit inespéré de hautes augures
rayonner
 
encore chaud
temps de monitorer les viles humeurs encastrées
et brutes de décoffrage
de lâcher à l’abordage
les pinsons les klaxons des matins triomphants
 
encore chaud
le pain des fournées
le couvert remis sur l’oreiller
il en faut des amantes
cette colombienne à la patte cassée
cette javanaise à l’anus doré
ces ondées philosophales
étrennées de grand matin
sous le sapin
 
encore chaud
cet attroupement pour mon enterrement
du gibier d’antan
d’avant cette renaissance en haute quinte
en haute nuit
sous les auspices
d’un furieux sacrifice
 
encore chaude
la chaire de la chouette qui préside à l’élévation primesautière
au sursaut rayonnant des ères de lucidité
je marche sur les éclats dorés
d’une aube haute en gorge
surprenante
effrénée
 
encore chaud
ton air de carrousel en maraude
ta culotte de soie
bleue comme un blue movie
tes rêves inexpliqués
le feu qui alimente les orbites et les apogées
l’effet de génie qui enfle ta poitrine
et attise le frottement des cœurs
à l’intérieur
 
encore chaud
lorsque les anges investisseurs pleuvent de bonheur
en action cutanée et florilège effleurant
de bouquets de soie optique
en soi au sein des seins
soigneusement pâtissé de soupirs secrets
doux ferment effervescent
merveille!
chut!
 
encore chaud!

Sexes Tropiques

étonnant parfois ce que nos rêves nous livrent
& de quoi ils nous délivrent
pas d’hésitation à conjurer la peur du malheur
la dilution du soi
nous disposons de vingt-trois milliers de mètres
nos sexes sont du temps en mouvement
du temps juste qui bat la mesure
du temps mouillé des moussons
temps des déferlements océaniques
des corridors tropiques
il est temps de démultiplier la courbure
temps de lâcher les chiens sur l’artifice
d’entonner nos chants d’amour
on ne sait jamais
que nous soyons assez nombreux
 
© Olivier Ava-Arden 2019