octobre 6

– Michelle Dantine – poésies –

❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈ Séance du 20-10-2017 ❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈

Et blablabli et blablabla

Je parle je cause je jacte j’arrive pas à me taire
Quoi qu’il se dise il faut que j’ fasse un commentaire

Attention vous m’avez accordé le micro
Trois minutes et mon œil pas assez mes cocos
Je suis bien décidée à vider mon chargeur 

Pour me virer il faudra vous mettre à plusieurs

C’est vrai je l’ reconnais ça ne date pas d’hier

Au début mes parents en étaient plutôt fiers
À quelques mois déjà j’étais une vraie pipelette
Dans mon landau mon parc mon berceau ma poussette

Il fallait que je l’ouvre pour dire n’importe quoi
Du moment que la seule à parler c’était moi
Avec l’école bien sûr ça ne s’est pas arrangé
Surtout qu’ là fallait s’ taire et c’était pas gagné
J’en avais des sueurs des tics et des malaises
Je n’ tenais pas en place demandez à ma chaise
Ah faire un exposé ça c’était trop mon kif
Mais la moitié d’ la classe s’était mise sous certif

À l’idée de subir mes envolées lyriques
Puisqu’y avait pas moyen de me couper la chique

Si rien à dire pas grave je disais blablabla

M’écouter pour les autres rel’vait d’ l’apostolat

D’ la vocation du masochisme d’ la pénitence
Mais c’est plus fort que moi il me faut une audience 

Un jour on me surnomma même Fidel Castro
Mon rêve un discours de huit heures en stéréo
Et mon cas empirait plus je prenais de l’âge
Je réussis à me lancer dans le doublage
Aussi sec je décide de jouer tous les rôles
On m’expulse on me vire bref personne trouve ça drôle 

Alors je change de taf pour un autre bien bruyant
Qui me permet d’ l’ouvrir à l’aise en travaillant
J’ m’achète une oreillette qui en fait n’est qu’un leurre

Mais qui m’ permet d’ parler partout et à toute heure
J’ dégoise dans mon sommeil sous la douche je caquette

J’ m’exprime je déblatère toute seule j’ fais la causette 

Aux frontières la meilleure chose qui puisse m’arriver 

Qu’on me d’mande si j’ n’ai vraiment rien à déclarer
Oh que si je réponds, et je déballe mon vice
Pour me r’trouver au trou cuvant mon cannabis
Ce travers m’a causé bien des déconvenues
Finalement j’entendais plus qu’un seul mot salut
Du coup il me fallait assurer ma survie
C’est là que j’ai découvert le Grenier Jane Tony
Alors merci public de m’avoir écoutée
Merci de m’avoir bien laissé déblatérer
Et si un goût d’ trop peu te reste dans la bouche

Rejoins-moi au foyer je t’en r’mettrai une couche

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Coq en croque

Le coq est un coquin c’est un curieux coco
Casse-croûte marqué d’une croix décalquée au cuissot
Dans la casserole cuira : curcuma et curry
Carnage concocté avec des croûtons cuits
Calife qui caracole en sa cour c’est un cas
Racaille caille ou caill’ra, au vin ou au coca
Car comme on l’a conté le coq est condamné
Condamné comme cramé c’est kif-kif c’est croqué
Quand il croit qu’il est cru il est encore cocu
Puisque quand il est cuit il ne caquette plus
Le coq en conséquence s’est cru cool au cocon
Quoiqu’en causant du coq, c’est criant qu’il est con
Et qu’ayant déféqué sa cafardeuse crotte
Coq décantera et cartonnera dans la cocotte
Coucou sacré crétin pourquoi t’es trop craignos
Qu’on y croie qu’on en cause qu’on l’ cuise au calvados
Le coq même crevé criera cocorico
Que le grand cric me croque si j’ai cassé Sarko
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Dalidade

Dans le dernier Éden dédié à Dalida
Doux dédale de dunes, dahlias et résédas
Encadrements dorés, doudous dédicacés
Documents démodés, dvd et cd
Disques d’or décalés, diadèmes disco
Mélodies modulées dans le monde adagio
Deux dandies décidés, Donnadieu et Didier
Débarquent, plein d’idées de déco débridée
Décadents demi-dieux, diamants durs en dedans
Ces Adonis candides, délurés cependant
Dédaignant l’idéal discordant des ados
Défendent leur idole, fidèles desperados
Amandier, dracaena et dur rhododendron
Doublés de digitales dardées de dents-de-lion
En une débandade aux démons dérobée
Dans un divan de jade ces deux dévergondés
Doués et désireux de doper la déco
Redoublent de doigté en un dansant duo
Déroulent des rideaux aux dais de bayadère
De Madrid à Gadès un doux débarcadère
Didier et Donnadieu fadas de Dalida
Décuplent libido et se vident un soda
Et dans la décadence du don à leur idole
Ils débandent en douceur leur dos de discobole
Deltoïde tendu doucement se débride
Abducteur et radial redeviennent timides
Et d’une divine ode à cette double idylle
Ils distillent dare-dare l’odeur indélébile
Madone mandragore, credo barracuda
Défonce dans l’air dense des pédés candidats
Dans un dernier désir dédié à leur déesse
Nos deux Dédé d’amour décontractant leurs fesses
Ivres de datura distendent l’édredon
Hydre des draps, docile au dodu Cupidon.
Déboulant sans défaut direction suicidés
Ils défont le cordon avant de demander :
Dis Dalida, tu dors, dans ton eldorado ?
Un délicieux décès pour aficionado…

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