janvier 8

– Maryse Nuytten-Mullejans – Poésies –

Martine …. à Bruxelles

Martine habite Bruxelles depuis toujours, enfin presque, si l’on excepte une incursion à Ostende de quelques mois à l’âge de deux ans.
 
Et pourtant elle s’y perd …. Elle est loin d’avoir les qualités du pigeon voyageur !!
Abandonnez la rue du Midi, parmi les marchands de timbres, de BD et demandez-lui de rejoindre « Het Goudblommeke in papier », repaire du surréalisme belge … Elle tourne en rond.
 
Elle hante la Place Rouppe et son Hôtel « À La Grande Cloche » qui, parait-il, abrite des amours clandestines, regarde le célèbre « Comme chez Soi », restaurant gastronomique Art Nouveau où l’on mange ceci-dit très à l’étroit …. Il faut sans doute rentabiliser !!
 
Parfois sa curiosité l’amène vers la Grand- Place et ses maisons des corporations ; elle répond aux touristes égarés à la recherche du fameux Menneke-Pis qui serait aussi le symbole de l’autodérision … Pierre angulaire de l’identité bruxelloise où non peut-être veut dire oui.
 
Elle s’est aussi perdue Gare du Nord, quartier bigarré s’il en est, où les marchands de lingerie féminine sont des hommes ….cela surprend ….et où l’on trouve des robes de princesses que portent les petites filles dans les mariages.
 
Il y a aussi la place des Martyrs qui abrite les premières victimes des combats révolutionnaires, la genèse de notre Belgique …. Pour combien de temps encore? Ainsi qu’un théâtre.
 
Martine ayant fait une partie de ses études à Saint -Josse -ten -Noode, fréquenta l’ex Martini Center où elle recevait des mains de Guy Cudell ses prix de fin d’année.
 
Nous n’oublierons pas le Théâtre Le Public qui, malgré la réticence vis à vis du « quartier » de certains, pourtant riche en fruits et légumes et magasins vendant aussi bien des icônes, des images pieuses et autres trésors … attire des foules en ses trois salles.
 
Elle a aussi erré dans le Palais de Justice, que le pauvre Joseph Poelaert aurait du mal à reconnaître. Ce lieu austère où les justiciables attendent leur tour tout en réglant de douloureux comptes, où les avocats discutent dans le brouhaha …. Lieu qu’elle préfère oublier.
 
Se perdre Place Louise ? Non, ce quartier est décidément trop envahi pas le trafic. Perdons- nous plutôt du côté de l’Abbaye cistercienne de la Cambre, cet écrin de verdure qui abrite l’académie des arts visuels.
 
Ou alors, perdons- nous dans Matonge, quartier africain de Bruxelles où l’on peut se faire faire les ongles ou se faire coiffer, ou mieux encore acheter des aliments qui nous sont pour la plupart inconnus …. Soyons curieux … L’origine de ce quartier doit son nom à la Maison africaine où les épouses de colons recevaient une formation avant le partir rejoindre leurs conjoints au Congo belge !!
 
Se perdre dans le quartier européen aux bâtiments hétéroclites n’est pas difficile …. Il a été ressenti comme un furoncle et a délogé pas mal d’habitants du quartier, et maintenant, vaille que vaille, on tente de réconcilier les Bruxellois avec les Européens au travers de la place du Luxembourg qui s’anime surtout les jeudis soirs autour sans doute d’une « bonne bière belge »
 
Savez-vous que se cachent quelques autruches dans le Parc Léopold dont certaines ont la tête dans le sable- pour faire un pied de nez à tous les technocrates qui circulent ? Ou pour rappeler que là se trouvait un zoo …
 
Se cassant le dos dans le bus 95 sur les pavés de la colline du Coudenberg, tout en se laissant descendre, rejoignons Les Greniers de Jane … et ses trésors ….

Pour moi ? …

Le souffle de ma mélancolie
Glisse sur les ailes de la nuit
 
La dureté de ton visage me fait peur
Crache ma fille, accouche de cette bile noire qui t’entrave
 
Pourquoi cette indifférence presque polie ?
Ce léger sourire qui écoute sans entendre ?
Où es-tu ?
 
Ce cordon qui jadis nous a reliés
Est depuis longtemps desséché
 
Mais un jour peut-être pourra- t-il se régénérer ?
Oui ce jour est proche où nous nous retrouverons et nous nous reconnaîtrons…
Patience… Patience…

Bruxelles …

Quand j’étais enfant, l’on disait « aller en ville ».
C’était la fête…
Nous prenions le tram…
Je me souviens du « Bouquet Romain » où après avoir accompagné maman dans les magasins
Nous allions y déguster une « glace »…
Instant de grâce ….
 
Maintenant que je suis grande !!
Je vais de temps à autres jouer les touristes dans Bruxelles.
A présent, j’y vais en métro… tout évolue…
Tout ?
Non.
Bruxelles garde quelques perles qu’elle offre aux curieux qui prennent le temps de flâner.

Pour mes trois filles.

Tu es belle, ma fille,
Tu es belle ma vie,
Et mon sang et ma joie.

Tu es belle, ma fille,
Tu es belle mon âme,
Ton front clair décidé,
Ton sourcil relevé.

Tu es belle ma fille,
Et le temps comprendra
Tes doutes et tes larmes,
Tes colères, tes sursauts,
Tes cris et tes sourires.

Tu es belle ma fille,
Tu es belle ma vie,
Le soleil a bercé
Ta venue, ta naissance,
Ton chemin, tes absences,
Tes émois, tes pardons.

Tu es belle ma fille,
Et, jamais, ne pourrai
Oublier ta présence
Et oublier ton être
Là, planté tout au fond,
Au tréfonds de mon cœur.

Tu es belle ma fille,
Tu es belle ma vie,
Mes craintes et mes peurs,
Mes troubles et mes pleurs,
Mes rires, mes bonheurs.

Et jusqu’en l’univers,
Et jusqu’en l’infini,
Je serai là toujours,
Mon enfant, mon amour.

Tu es belle ma fille,
Tu es belle ma fin …
Et mon commencement …

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