septembre 29

– Jean-Louis Van Durme – Poésies –

C’était au mois de septembre…

C’était au mois de septembre,
J’entendais des voix se parler au-dessus de la rivière.
 
Des voix chuchotant dans le vent.
 
Des voix verticales et interminables,
amusées même
et dont je sentais la douceur effleurer mon visage.
 
Des voix de la tête aux pieds
qui se racontaient des histoires d’enfants d’hommes
qu’il ne fallait sous aucun prétexte révéler.

La forêt est le résultat…

La forêt est le résultat d’un combat sur sa propre forme
et ne sort de son espace que pour se border d’oiseaux libres.
 
Son visage se répand sur le dos de la lumière
et s’abrite dans le corps d’une ébauche.
 
       Ce qui manque c’est l’exact écart entre ta voix et l’instant.
 
J’ai vu des forêts fabriquer des ciels immenses
afin de s’échapper.
 
Et engloutir des nuages entiers afin de se cacher.
 
   Jusqu’à imiter cette feuille légère qui cherche encore à te sauver.
 
Comme il fait bon sous un arbre quand il neige, quand les mots se réchauffent et rappellent au poète que tout ce qui est loin s’apaise en un poème.


Á chacun son enveloppe et à chacun ses mots,
du moment que nos secrets se lisent à l’abri du vent.  

La plupart du temps les forêts se cachent,
elles sont ainsi faites.
 
Parfois au détour d’un arbre il me prend l’envie de courir
et me jeter dans tes bras.


Parfois nous remplaçons l’infini par l’impossible,
et parfois nous courons