février 15

– Claude Miseur – Poésies –

❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈ Séance du 18-11-17 ❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈❈

À la table des mots

À la table des mots
ai grappillé quelques phrases
 
ne sont que miches
de pain rassis
pour passer l’hiver
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Oblique

Oblique
s’obstine la lumière
dans l’angle mort
des miroirs

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Cendre

Dessous la cendre
un feu si tendre
des hauts fonds remonté de la langue
comme autant de fleurs
fragments d’écume
bris de mots tatoués
d’étoiles mortes
marées ourlées de boue
hissant nos barques dans leur hâte de fuir

Laisse-moi demeurer sous la lampe
du port fanal aveugle veillant
au partage des eaux que décolore
un peu de sang aux lèvres bues
de cet adieu aux ombres

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Relever les appâts …

Relever les appâts
sur un banc de mouettes
que le couchant submerge
et qu’au matin ne subsiste
blême qu’un miroir
de sel au large
aboli

Parfois
dans un repli de l’amour
le désir s’ensable
juste avant la mer

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En hâte

En hâte
pâle se rhabille
notre enfance de fable
où l’arbre tissait chair
semait
d’intimes jardins

Le blanc de l’aube lave
nos yeux fissure
l’écorce où boire
est chuchotement
dans l’amphore
du fruit

Poème

Nous accostons la trame
de quelques images du monde,
nous nous tenons là sur  les rives
du même, parlant bas pour ne pas
réveiller la perte ou le manque.
 
À deux pas de la faille se dénude ce
qui bientôt aura pris toute la place ;
notre haleine en volutes de fumée
ne constelle que le vide.

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