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Décembre

Emile Verhaeren
(Les hôtes)

– Ouvrez, les gens, ouvrez la porte,
je frappe au seuil et à l’auvent,
ouvrez, les gens, je suis le vent,
qui s’habille de feuilles mortes.

– Entrez, monsieur, entrez, le vent,
voici pour vous la cheminée
et sa niche badigeonnée ;
entrez chez nous, monsieur le vent.

– Ouvrez, les gens, je suis la pluie,
je suis la veuve en robe grise
dont la trame s’indéfinise,
dans un brouillard couleur de suie.

– Entrez, la veuve, entrez chez nous,
entrez, la froide et la livide,
les lézardes du mur humide
s’ouvrent pour vous loger chez nous.

– Levez, les gens, la barre en fer,
ouvrez, les gens, je suis la neige,
mon manteau blanc se désagrège
sur les routes du vieil hiver.

– Entrez, la neige, entrez, la dame,
avec vos pétales de lys
et semez-les par le taudis
jusque dans l’âtre où vit la flamme.

Car nous sommes les gens inquiétants
qui habitent le Nord des régions désertes,
qui vous aimons – dites, depuis quels temps ? –
pour les peines que nous avons par vous souffertes.

Emile Verhaeren
Agenda
GJT affiche decembre 1
« Nota Bene : En raison de l’évolution de la situation sanitaire, le programme pourrait-être modifié ou soumis à des conditions particulières. A l’heure actuelle, il est rappelé que pour pouvoir assister aux séances du GJT, il faut disposer d’un Covid Safe Ticket valide et que celui-ci est contrôlé à l’entrée de La Fleur en Papier Doré. En cas de modification du programme (annulation de la séance) ou des conditions d’admission, le GJT vous tiendra informé via sa page Facebook (www.facebook.com/Grenier-Jane-Tony-292284614310877) et la rubrique « Agenda » de son site (www.grenierjanetony.be). En vous remerciant pour votre compréhension. »
Edito
Que le pétillement favorable du laurier…

«Succensa sacris crepitet bene laurea flammis,
omine quo felix et sacer annus erit.»
«Que le pétillement favorable du laurier dans la flamme sacrée,[1]
nous annonce une année heureuse et protégée des dieux !»
Tibulle, Élégie, Livre II, V, 80

…et Cérès comblera d'épis les greniers, dit-il, plus loin.

Puissent les Dieux donner raison à Albius Tibullus [2] et notre Grenier être plein !

Euh, oui bonjour lectrice -puisque j'ai déjà salué les hommes ici-bas - donc, comme tu le sais (ou pas), du 17 au 24 décembre on célébrait à Rome -je parle d'avant le petit Jésus, évidemment ou alors quand il était encore tout bébé- les Saturnalia en l'honneur de Saturne. [3]

À cette occasion, on visitait famille et amis, on leur faisait des présents et bien sûr on sacrifiait au Dieu…. selon le rite grec. [4]

Aujourd'hui, on fait selon le rite romain, mais on a gardé le principe ! Et puis comme les Romains faisaient comme les Grecs qui, grosso-merdo, l'avaient sans doute emprunté aux Égyptiens qui, eux, heu ?... Les Martiens, non ?

Bref camarade Il, camarde Elle, camarade Iel. Bref, Camarade ! [5]

Nous voici au terme de l'année et à l'époque des bons vœux qu'honoraient déjà nos "pieux ancêtres" .[6]

Ce qui m'amène d'abord à vous parler des "strennae" ou "étrennes" qu'il était de coutume d'apporter à l'empereur [7]qui, naturellement, les redistribuait généreusement au peuple romain !

Ainsi de vos "étrennes" à nous verser pour cette année qui s'élève à la somme de trente-cinq euros et non plus trente comme il était de coutume…c'est qu'Auguste vous a beaucoup redistribué, cette année..donc, comme le disait le sénat romain à Jules :" on ajuste !" [8]

L'intendance étant réglée, Caton au menu de ce mois ?...souriait Jules [9]

Eh bien, le 18, pour ouvrir les festivités, Marguerite-Marie James recevra, pour vous, Dominique Aguessy autour de son dernier recueil, Bleus d'aurore.

Et quant à nous, pour vous mettre en appétit d'ici-là, on vous a concocté un petit numéro spécial de Noël, riche comme une dinde farcie ou comme les Heures du Duc de Berry.[10]

Et comme pour tout banquet, il en faut pour tous les goûts.

Joute verbale et slam-poetry avec Lisette Lombé qui nous a accordé un très bel, très instructif et très enrichissant entretien pour "Bas les masques !"

Slam et jeunesse, toujours, avec cette capsule de "PoésieS au Grenier" de Nima, jeune autrice bruxelloise.

Et comme c'est Noël, la saison des cadeaux, eh bien on a décidé de vous faire présent d'une deuxième capsule où vous pourrez retrouver Anne-Marie Weyers qui nous lit quelques extraits de son Chant de Jane (n°23).

Noël toujours où, sous notre sapin, vous trouverez trois -et non deux, comme il est de coutume- chroniques de lectures : Martine qui prendra mots avec Philippe Leuckx, moi qui tutoierai le merle de Philippe Colmant et la toujours fascinante Viviane-Tâm Leroy qui vous parlera du dernier Esnault ! [11]

Rûmî [12] et Verhaeren ce sont les cadeaux de notre Webmistress, Shirah, que l'on ne remerciera jamais assez pour son dévouement…comme Martine, comme Renée, comme Myriam, comme Marguerite, comme Bruno, comme Aliya, comme Sonja et…comme vous, Poètes, sans qui tout cela ne serait pas, ni n'aurait de sens.

Et des poètes à lire nous vous en offrons, comme chaque mois -grâce à eux, grâce à vous- un florilège !

Enfin, last but not least, si, en mal d'inspiration,[13] vous ne saviez pas quoi demander au Père Noël ou si vous vous demandiez qu'offrir à vos amis ou à votre famille, notre muse Parution est là pour vous aider.

Et puis si je fouille au fond de votre Grenier, vous y trouverez encore l'annonce de l'exposition Tjukurrpa du duo Delcorte-Prévaris.

Et puisque nous avons débuté en romains, terminons, si vous le voulez bien et pour ne pas y perdre votre latin, par ce vers grec d'Homère, que l'on dit de saison : Οὖλέ τε, καὶ μάλα χαῖρε, θεοὶ δέ τοι ὄλβια δοῖεν.[14]

Sois toujours heureux
et que les Dieux te comblent de bonheur !
Lysztéria Valner, le 1er décembre 2021

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[1] Lors des saturnales, l'Empereur et les dignitaires offraient des couronnes de laurier à divers temples où ils étaient brûlés avec du safran, d’où le crépitement ou pétillement "dans la flamme sacrée"

[2] Car moi je suis comme Scève et j'aime encore Délie….Euh, oui, bonjour lecteur tant et tant chéri. Donc Maurice Scève, poète françois de son état, écrivit un poème intitulé "Délie. Objet de plus haute vertu", Délie qui était le grand amour de Tibulle -qui, donc, lui était Romain- tandis que Maurice aimait Pernette…du Guillet également poète et sans doute femme de tête comme l'est Lisette…ne t'inquiète pas lectrice, tout finira par rentrer dans l'ordre…

[3] On va faire bref, on va dire que c'est le papa de Jupiter, le Père des dieux….allez comprendre !

[4] Dans le manuel, il est écrit "ritus graecus"…c'est-à-dire, pour ceux qui comme moi sont ignares, si le "ritus romanus" se fait "capite velato" (tête voilée) ben, donc chez les grecs c'est "un-velato". Et donc lecteur, tu concluras -surtout si tu me lis de longue date- que le "voile" est un marqueur identitaire fort des sociétés occidentales . Je souris, c'la va de soi comme le disait l'aveugle de Brassens que je salue cent fois !

[5] Voilà un mot que j'appelle "passe-partout" sans faire offense aux nains…êtres extrêmement sympathiques, par ailleurs, comme le montre Blanche neige et les sept nains et, naturellement, Fort-Boyard !

[6] Ou, en arabe, "As salaf salihin" qui donc est une catégorie de la pensée musulmane désignant censément les trois premières générations de musulmans qui d'une part, à l'époque ne s'appelaient pas encore musulmans (mais soit "croyant/mu'min", soit "pérégrinant/mu'hajir") et qui, d'autre part, ont absolument tout dit (et quand on dit tout, c'est vraiment tout, y compris un équivalent de "fils de pute") les uns des autres, sauf qu'ils étaient pieux…euh, oui, pour ceux que cela surprendrait je ne suis pas "salafiste"…quoique musulmane…que voulez-vous nulle n'est parfaite ! J

[7] Et comme le successeur d'Auguste c'est François, tous deux pontifex maximus, et que François c'est 'Il Papa" ce qui en arabe se dit Baba…vous voyez où je veux en venir ou pas ?

[8] On a Just ? répondit Jules…oui on s'amuse comme on peut !

[9] En effet, suivant Caton, l'ancien (le glorieux destructeur de Carthage) pas le jeune (celui-ci c'était un toquard, juste opposant à Jules !...désolé, j'peux pas m'empêcher), les saturnales étaient l'occasion de banquet et autres ripailles…comme chez les Celtes que les Romains appelaient Gaulois, qui c'est connu, ont toujours préféré Halloween à Noël…allez comprendre…Bon Caton c'était pour "qu'a-t-on", ceux qui nous apprennent que la seule activité acceptée pendant les Saturnales était la cuisine sont Lucien et Macrobe qui ont écrit des "saturnales" précisément

[10] "Les très riches heures du Duc de Berry" sont un livre d'heures réalisé par les frères enlumineurs "Jan en Herman van Limburg" pour le compte du Duc Jean 1er de Berry au début du quinzième siècle (1410/1416)

[11] Christophe..pour les intimes

[12] Quoique turc en voilà un que je soupçonne d'être romain !

[13] Alors disciple récite ce mantra : " Ô Mâles ! Ô Muses !"…c'est un petit truc -si tu y réfléchis, pas plus con qu'un autre- que m'a filé un romain..j'sais pas, ça peut peut-être marcher…respect pour nos aînés, s'il vous plaît…s'il vous plaît !

[14] Odyssée, chant XXIV, vers 402
Poésies
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Entretiens d'Auteurs
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Lisette Lombe vignette
Chroniques de lectures
Prendre mot, Philippe Leuckx, Editions Dancot-Pinchart, 2021

Un livre blanc, épuré. Présentation en parfaite adéquation avec la douleur absolue qui sourd des textes de Philippe Leuckx.

Ce sont les mots de celui qui s’accroche au peu, à ce qui reste.
« quand il faut croire que la lumière peut encore jeter un peu d’elle »/« touchant ce peu de ciel »/« le rien qui happe ».
Il le pressent, ce sont les choses les plus humbles qui vont désormais compter.

Des poèmes et de courts textes en prose, tous empreints de mélancolie profonde, d’errance et de grande solitude (le mot solitude- la solitude « immense » et qui « incise le cœur » - revient sur bien des pages).

Chaque pas qu’il fait mesure l’absence si intensément présente.
« Le peu nous touche. Un voile. Une dentelle d’âme. Un cœur. Dans les matins lents de la vie, le moindre passant comble le vide. La rue respire ».

Heureusement, il y a la poésie, qui « se réchauffe à la solitude » / « quelques mots pris aux branches ». La poésie, à la fois nécessité et consolation.

Et puis la marche, la première méditation, pour essayer de guérir.
« sans cesse marcher pour s’éprouver vivant. Le reste vient de soi ».

Un livre pudique, beau et triste.

Martine Rouhart
Christophe Esnault, Lettre au recours chimique, Aethalides, 2021, 128 p.
ChrLecture Esnault
« Lettre au recours chimique » est le titre de cet ouvrage. Or quand le vendeur m’a tendu le livre, j’avais cru deviner « climatique » plutôt que chimique. La typographique à la main m’a quelque peu embrouillée les idées. Or si je m’étais renseignée sur l’auteur, cette ambiguïté aurait été vite levée.

En effet, Christophe Esnault est plus connu pour ses poésies à teneur philosophique sur des thèmes comme la psychiatrie, et plus particulièrement, la médication à outrance de cette discipline médicale.

Cet ouvrage n’y déroge pas.

La thématique le rapproche d’Antonin Artaud.

Les références thérapeutiques plus contemporaines et les quelques petites incises d’argot l’en distancie :

« Un monde super matos pour rire à se tenir les côtes
T’as pris combien de kilos depuis que tu es sous traitement ?
Excuse-moi, je reformule autrement
Je reformule plus habilement
Tu as doublé ou triplé de poids
Depuis que tu es sous traitement ?
Merci de ne pas être sourcilleux
Sur les petits effets secondaires
Si vous n’avez pas été aux toilettes
Depuis une grosse semaine
On vous donnera un médicament supplémentaire » p.12

Vous l’aurez compris, en découvrant ces textes et cette société que notre auteur dénonce comme déshumanisée car elle ne sait que trop faire de ses patients psychiatriques, c’est surtout la misère intrinsèque de cette organisation qui en ressort.

« Quelle ordonnance prescrire aux psychiatres ?
Quelle prescription pour les fous ?
Et aux binaires et aux esclaves on leur donne quoi ?
On est attention et doux
Levrette ligérienne pour tout le monde
Les frileux se donneront un long baiser sur les berges
Les plus vivants dans le fleuve » p.98

Comme si tout cela n’était que question de vie et de mort, de mort-vivants, de la mort qui nous est imposée, comme si le trop plein de vie était toxique pour la collectivité.

C’est son ancrage et le jeu qu’il fait de lui-même qui font la spécificité de Christophe Esnault : aucune fuite dans une poésie désincarnée ou des jeux de mots abstraits, tout est là. Même si ses textes parlent de morbidité, d’injustice, d’amours contrariés et de souffrance, leur lecture laisse un sentiment de légèreté : critique mais pas morbide. Par la littérature et la poésie, il a gagné son pari sur la psychiatrie, tout simplement.

Viviane-Tâm LAROY
Philippe Colmant, Le Dilemme du Merle, Demdel, 2021, 88 p.
Philippe Colmant
« Quand mai nous les ramène, ô songeur, nous disons :
-Les voilà!- tout s'émeut, pierres, tertres, gazons ;
Le moindre arbrisseau parle, et l'herbe est en extase ;
Le saule pleureur chante en achevant sa phrase ;
Ils confessent les ifs, devenus babillards ;
Ils jasent de la vie avec les corbillards ;
Des linceuls trop pompeux ils décrochent l'agrafe ;
Ils se moquent du marbre; ils savent l'orthographe ;
Et, moi qui suis ici le vieux chardon boudeur,
Devant qui le mensonge étale sa laideur,
Et ne se gène pas, me traitant comme un hôte,
Je trouve juste, ami, qu'en lisant à voix haute
L'épitaphe où le mort est toujours bon et beau,
Ils fassent éclater de rire le tombeau.»


Victor Hugo, extrait de « Les oiseaux », in Les Contemplations

Récompensé par le prix Jean Kobs 2021 pour « Cette vie insensée» (Demdel 2020), Philippe Colmant nous revient donc cette automne avec un nouvel opus au titre exquis et très inspiré: « Le Dilemme du Merle».

Il y a déjà beaucoup de l'élégance et de l'intelligence du poète dans ce simple titre, il y a aussi tout de son génie de l'image où en très peu de mots tout se convoque.

Je soupçonne que quelque intriguant perse[1] m'ait légué cet héritage: -qui parle le langage des oiseaux sait parler aux hommes, sait parler des hommes.

Comme l'oiseau, l'Homme -surtout s'il est poète- sait le vol et la maitrise de l'air[2] ; comme l'oiseau il sait la parole et le chant,[3] la prédation et la protection[4] et puis, l'incertain du temps…[5]

Réputé le plus mélodieux des oiseaux que l'on peut croiser dans nos contrées, le merle partage aussi avec nous une inclination à la monogamie - malgré, comme nous, quelques exceptions- ce qui en fait, en plus, un symbole de fidélité.

Et il chante, le merle, de mars à juillet et particulièrement à la pointe du jour et au coucher du soleil.

Alors que vous raconte-t-il ?

Oh ! Il chante le tout petit rien de vos vies et de la mienne. Oh ! Il chante un rien et le néant de nos existences et ce rien, pourtant, qui est déjà quelque chose…

«Même éprouvés,
Bon gré mal gré,
Malgré nos doutes,

Mémoire au poing,
Nous avançons
À dos de morts

Piétinant l'ombre
Désappointée
De nos déroutes. »[6]
«Avant de déchanter,
Démordre, se déprendre,
Il faut se rappeler
l'hymne à la joie du merle
Tout endeuillé pourtant
Des obsèques du jour. »[7]

Oui, ce petit rien est déjà quelque chose car: «À l'épicentre de la nuit/Où le moindre mot fait trembler/Les murs blanchis de la pensée/ Chaque poème est un séisme/Et le silence, sa réplique. »

«Reste la vie» ! [8]
La vie, comme ce poème :
«Nous irons dans les bois
Aux lauriers repoussés
Foulant de nos pieds nus
L'humus des saisons mortes.

Rien ne sera plus leste
Que nos pas détachés.

Peu avant la clairière,
Tu me regarderas
Dans la monumentale
Embrasure des arbres
Et je serai la porte
Et tu seras la clé. »

Le rossignol d'Attar ne disait-il pas, «Mes secrets ne sont pas divulgués à tout le monde ; mais la rose les sait avec certitude. » ?

«Miracle de l'amour
Mon cœur tient tout entier
Dans tes mains souveraines.

Tu me lis dans le texte.
Ta bouche me traduit
Et ta peau me résume»[9]

Oui, vraiment ! Qui parle le langage des oiseaux, sait parler aux hommes, sait vous parler des hommes…

Lysztéria Valner

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[1] Farid 'Attar, poète persan du 12ème siècle, auteur de « Mantiq at-Tayr/ Le langage des oiseaux/ La conférence ou Le cantique des oiseaux »
[2] Lire p.15: «Je n'en veux nullement/ Au ciel immense et vague/cette mer sans rivages/ où mon esprit voyage/ souvent à contrevent/(…)»
[3] Lire p.19: : «La joie, rien que la joie/ De te voir me sourire/me parler à travers/La haute haie des jours/Sous le regard du merle/Toujours prompt à chanter»
[4] Lire p.37: «Féroce et carnassier/ Le monde a pris quartier/dans le charnu du jour/(…)» et p.22: «L'amour est ainsi fait:/ Dans tes yeux je me perds/ sans eux je suis perdu», également p.32, p.61
[5] Lire p.5: «Après la pluie/bien qu'intranquille/le merle flûte/la mort vaincue.». NB: ce quatrain isomorphique très subtilement distribué, du point de vue syllabique: 2/1/1 - 1/3 - 1/2/1 - 1/1/2
[6] p.13
[7] p.16
[8] p.41
[9] p.86
Du temps jadis
RUMI - 2
Sache que l’âme est la source,
Et toutes les choses créées,

Des ruisseaux.
Tant que demeure la Source,

S’écoulent les ruisseaux.
Chasse le chagrin de ton esprit,

Bois l’eau de ce ruisseau ;
Ne crains pas que l’eau tarisse,

Car elle est sans fin…
Vois comme est devenu un tout ce corps,
Qui est une partie de ce monde de poussière !

Quand tu auras voyagé à partir de ta
Condition d’homme, sans nul doute
Tu deviendras ange.

Quand tu en auras fini avec la terre,
Ta demeure sera le ciel.

Dépasse le niveau de l’ange :
Pénètre dans cet océan.

Afin que ta goutte d’eau devienne une mer
Plus vaste que cent mers d’Oman.
Poésies au Grenier
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Nima
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Anne Marie Weyers
PARUTIONS
VIGUIÉ
Christian Viguié, Damages, 80 p., Rougerie, 02.5.2020, 13,00Є - NB: Prix Mallarmé 2021, décerné le 06.11.2021
YERLÈS
Pierre Yerlès, Élégies paisibles, 130 p., Bleu d'Encre, novembre 2021, 14,00Є
TRIAGES
Anthologie Triages (2021) Vol. I, 168 p., Tarabuste, octobre 2021, 20,00Є
TRIAGES 2
Anthologie Triages (2021) Vol. II, 180 p., Tarabuste, octobre 2021, 20,00Є
Vandenschrick
Jacques Vandenschrick, Avec l'écarté et autres poèmes, 220 p, octobre 2021, 9,00Є
SONNET
Jean-Pierre Sonnet, La ville où tout homme est né, 51 p., Le Taillis Pré, octobre 2021, 12,00Є
PIcasso
Picasso, Écrits [Trad. par Albert Bensoussan, Alejo Carpentier, André Chastel, Pierre Daix et Paule-Marie Grand. Édition de Marie-Laure Bernadac et Christine Piot], 936 p., Gallimard, 04.11.2021, 29,00Є [Trad. par Albert Bensoussan, Alejo Carpentier, André Chastel, Pierre Daix et Paule-Marie Grand. Édition de Marie-Laure Bernadac et Christine Piot], 936 p., Gallimard, 04.11.2021, 29,00Є
Ronsars
Pierre de Ronsard, Florilège des Quatre Saisons, 320 p., Gallimard, 19.11.2021, 10,40Є
STACY MUE
Stacy Doris, Mue [Traduit de l’américain par Pierre Alferi et Anne Portugal], 108 p., P.O.L., décembre 2021, 13,00Є
NORAC
Carl Norac, Piéton du monde, 300 p., Espace Nord, octobre 2021, 9,00Є
Philippe Colmant
Philippe Colmant, Le Dilemme du Merle, 88 p., Demdel, 2021, 12,00Є
MORABITO
Fabio Morabito, À chacun son ciel [Anthologie poétique 1984-2019. Préface: Martin Rueff. Traduction : Fabienne Bradu], 288 p., Le Seuil, 17.11.2021, 25,00Є
LEUCKX
Philippe Leuckx, Le rouge-gorge, 48 p., éditions Henry, 08.10.2021, 8,00Є
MEEUS
Célestin de Meeûs, Cavale russe, 80 p., Cheyne, 17.11.2021, 17,00Є
LARQUEMAIN
Claire Larquemain, La cabane, 97 p., Le Chat Polaire, octobre 2021, 12,00 Є
JOURDE
Pierre Jourde, Trois danses foirées, 72 p., Voix d'Encre, octobre 2021, 18,00 Є 72 p., Voix d'Encre, octobre 2021, 18,00 Є
KATZ
Nathan Katz, L'œuvre poétique II [Édition bilingue. Préface de Georges-Emmanuel Clancier. Postface de Jean-Paul Sorg. Présentation par Yolande Siebert.], 264 p., Arfuyen, 18.11.2021, 19,50Є
GIRAUDON
Liliane Giraudon, Polyphonie Penthésilée, 144 p., P.O.L., décembre 2021, 18,00Є this to insert text.
Denise Desautels
Denise Desautels, Disparaître, 150 p., L'Herbe qui tremble, octobre 2021, 18,00Є
Gérard Bayo
Gérard Bayo, Près de l'étang couleur de cendres, 214 p., L'Herbe qui tremble, novembre 2021, 17,00Є
DELAIVE
Serge Delaive, Autour d'un hiver, 121 p., Bozon2X, 24.11.2021, 20,00Є
CHOQUET
Raymond Choquet, Tout pour être heureux, 94 p., Audace, octobre 2021, 12,00Є
CAHEN
Didier Cahen, Contes d'avant l'heure, 88 p., Tarabuste, octobre 2021, 12,00Є
CORBUSIER
Jean-Marie Corbusier, Ordonnance du réel, 74 p., Le Taillis Pré, octobre 2021, 12,00Є
BENNIS
Mohammed Bennis, Droit à la Poésie, 204 p., Tarabuste, octobre 2021, 16,00Є
ASCAL
Françoise Ascal, Brumes , 56 p., Æncrages & Co, 13.10.2021, 21,00Є
Évènements
Midi-De-La-Poésie
C’est avec un immense plaisir que nous vous annonçons la tenue de l’exposition

Tjukurrpa – Fragments du rêve

Arnaud Delcorte & Kevens Prévaris

du 09 au 19 décembre 2021 à la Fondation Moonens
(50, rue Philippe de Champagne, 1000 Bruxelles)
TJUKURPA
Toile : Migrans. Acrylique sur papier 59x84cm
Cette exposition nait du livre Tjukurrpa, composé de poèmes d’Arnaud Delcorte mis en résonnance avec des peintures de Kevens Prévaris, paru chez Éranthis en 2019.
« embryonnaire
la pensée obtuse
fend la peau

n’est-ce pas
le propre de l’homme
que de semer la tempête ? »


Arnaud Delcorte, Tjukurrpa
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Faisons les présentations...

Arnaud Delcorte
est chercheur permanent du fonds national de la recherche scientifique (FNRS) et professeur de physique à l’UCL et à l’université Saint-Louis de Bruxelles. Il écrit de la poésie depuis l’âge de vingt ans, surtout en français, et plus rarement, en anglais. Pour lui, recherche scientifique et expression poétique sont les deux facettes d’un même élan visant à mieux comprendre l’univers qui l’entoure, y compris l’humain.

Kevens Prévaris est l’un des fondateurs du mouvement Loray. Sa création actuelle révèle une nouvelle mouvance de la peinture haïtienne qui réinvente les formes et adopte un style nouveau tout en conservant certains référents culturels forts d'Haïti. Sa peinture est résolument moderne, à fort caractère abstrait. Ses travaux invitent le public à vagabonder à travers les signes, et les formes représentées traduisent une émotion palpable.

Cette exposition est organisée par la Fondation Moonens, avec le soutien de Loque Urbaine.
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En pratique

Où ?
Fondation Moonens
Rue Philippe de Champagne, 50
1000 Bruxelles

Quand ?
Du 09 au 19 décembre 2021

Heures d’ouverture
Du lundi au vendredi de 19h à 21h
Les samedis et dimanches de 10h à 18h

Temps forts
Vernissage le 09 décembre de 18h à 22h
Le livre Tjukurrpa sera en vente sur place durant toute l’exposition
Cotisations
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Informations
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Voici le nouveau numéro de compte du Grenier : BE68 3630 1692 5934
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