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Mars

L’interminable hiver tente un dernier effort,
Pour enfouir la terre et refroidir l’espace :
Sous le souffle effréné de l’ouragan du nord
De plus en plus la neige en tourbillons s’entasse.

Et cette blanche mer déferle dans le vent
Par-dessus les taillis aux branches dénudées.
Les chars dans les ravins comblés bloquent souvent
Sous l’amoncellement continu des bordées.

L’air glacial est lourd de morbides vapeurs.
Nous sortons peu. Le Soir près du feu nous rassemble ;
Et les vieux dolemment racontent là des peurs
Qui font frémir l’enfant, blêmir l’aïeul qui tremble.

La cruelle saison sème au hasard les deuils.
Pour les hôtes des bois partout se cache un piège,
Et le braconnier traque orignaux et chevreuils
Aveuglés du grésil, empêtrés de la neige.

Tout souffre, hommes, bétail ; tout pleure, arbres, échos.
Dans son grenier gémit le pauvre, maigre et pâle,
Et l’on croit par moment entendre ses sanglots
À travers les cent bruits de la bise qui râle.

L’aurore ne luit plus sur les monts sourcilleux.
Rien ne fait pressentir la fin des jours livides.
Et si parfois un coin d’azur émerge aux cieux,
L’hiver croule à flots plus drus sur les Laurentides.

Mais de même qu’après le déluge, un matin,
L’arc-en-ciel rayonna dans sa splendeur première,
Le clair soleil pascal, qu’on croyait presque éteint,
Demain va tout dorer de sa blonde lumière.

William Chapman
Agenda
AFFICHE Mars 2022
« Nota Bene : En raison de l’évolution de la situation sanitaire, le programme pourrait-être modifié ou soumis à des conditions particulières. A l’heure actuelle, il est rappelé que pour pouvoir assister aux séances du GJT, il faut disposer d’un Covid Safe Ticket valide et que celui-ci est contrôlé à l’entrée de La Fleur en Papier Doré. En cas de modification du programme (annulation de la séance) ou des conditions d’admission, le GJT vous tiendra informé via sa page Facebook (www.facebook.com/Grenier-Jane-Tony-292284614310877) et la rubrique « Agenda » de son site (www.grenierjanetony.be). En vous remerciant pour votre compréhension. »
Edito
Quand le crayon du temps ou ma plume novice…

« Which this, Time's pencil, or my pupil pen, »
William Shakespeare, Sonnet XVI/16
Traduction Yves Bonnefoy

Pour le Barde Taras

Quand le crayon du temps ou ma plume novice
Parlerons du port d’Odessa ou du Barde Taras
Qui peignit Ira Aldridge dans des tons de réglisse
Ce tragédien Peul, ce Shakespeare de ma race

J’irai offrir des fleurs aux yeux verts des Ruthènes
Et célèbrerai la gloire de ton dur sang varègue
Qui les a laissés cois, mieux, qui les a rendus bègues

Quand le crayon du temps et ma plume novice
Trempés dans la rosée noire et le clair de nos jours
Auront oubliés la Horde d’or et les noms ouïghours
Dont il ne restera dans le ciel qu’une vague cicatrice

Tes chants, Kobzar, nous en redirons l’antienne
With the Time’s pencil and my pupil pen
Avec le crayon du temps et ma plume novice…

Il est difficile, Poètes, de rester totalement hermétique aux malheurs du siècle. Et si elle n’est militante la poésie se doit aussi de les « aborder » (quand les états se réarment alors il ne peut-être question que la langue désarme), comme elle traite du sourire de cette rousse que j’ai croisé tout à l’heure ou de la beauté des fleurs et des pierres de lune.

Les malheurs du siècle il en est question avec le spectre de la guerre que l’on redessine à nos portes et il en est également question ce mois dans La Nouvelle Revue des Élytres qui publie une édition spéciale du recueil que Florence Noël consacre à la commémoration des attentats de Bruxelles (c’était le 22 mars 2016) et d’ailleurs, sous le titre « Ni de sang, ni de sens ».

Certains d’entre-vous seront surpris d’apprendre qu’il existe des éditions spéciales en version papier de notre revue et, en effet, il n’y avait eu jusqu’ici qu’un numéro édité, c’était en 2020, consacré aux éditoriaux -et, je le crois, au testament et art poétique- de mon très regretté prédécesseur, Péhéo. Des éditoriaux où il s’interrogeait sans cesse sur la Poésie, sa nature, sa fonction, son utilité, sa finalité…

Dans la suite de ces textes précieux, nous avons donc décidé de réactiver cette collection lorsque Florence Noël nous a présenté le manuscrit de « Ni de sang, ni de sens », un recueil commémoratif des attentats de Bruxelles qui nous semblait répondre et faire suite logique au questionnement, mieux, à la quête de feu Péhéo.
Qu’est la poésie, en quoi consiste-t-elle, que fait-elle, comment le fait-elle, pourquoi le fait-elle ?

Qu’est la poésie aujourd’hui, pourquoi encore la poésie, la chanson ne suffit-elle pas ?

Autant de questions que nous avons voulu « prendre d’assaut » en entourant l’opus proposé d’une préface de votre serviteur et d’une postface que signe l’excellente Charline Lambert.

Car être poète c’est aussi délivré, au plus grand nombre et -particulièrement- à ceux qui n’en ont pas nécessairement les « codes », les clefs de « lecture » qui leur permettent d’accéder au « Poème » ; à une époque où l’on lit peu les poètes et où on les enseigne encore moins, il nous a paru utile d’y aider le lecteur en lui soumettant quelques pistes de réflexion.

Le Grenier Jane Tony reste ainsi fidèle à sa tradition de poésie « démocratique », au sens d’ouverte à tout le monde et désireuse de s’adresser au « Public », qu’il soit grand ou misérable, instruit ou non, lettré ou pas.

Une poésie vivante, c’est également ce dont témoigne depuis près de quarante ans Le Grenier Jane Tony à travers ses séances mensuelles et ses revues, La Revue des Élytres d’abord puis, La Nouvelle Revue des Élytresou encore avec la collection Les Chants de Jane dont nous avons récemment rafraîchit la présentation et qui accueillera ce mois-ci son trente et unième numéro avec la publication du recueil « Perséides » que signe Carine Chavanne. Cette pluie d’étoiles filantes, que l’on nommait les larmes de Saint-Laurent, est composée de tout petits grains de poussière d’ange un peu comme les vers libres et courts de l’autrice qui se dessinent sur les pages.

Une poésie variée c’est aussi ce que vous propose nos auteurs dont les textes sont à retrouver dans nos pages.

Dans nos pages encore, les chroniques de lectures que Martine Rouhart consacre aux « Haïkus d’entre-saison » de Iocasta Huppen, celle – inattendue mais combien délicieuse- que Pierre Guérande nous livre au sujet des portraits floraux de Jeanne Champel Grenier dans « Une seconde éternité » ou la présentation que je vous fais de l’œuvre de la poétesse suisse Grisélidis Real.

Dans notre série Bas les Masques, nous vous présentons le poète Jean Luc Werpin qui a accordé un fort sympathique et instructif entretien à notre Marguerite nationale !

Et puis la poésie, ça se dit, ça se lit à voix-haute et ça s’écoute aussi. Au côté d’un nouveau numéro du Grenier en Scène où vous pourrez retrouver nos auteurs en séance, nous vous proposons une nouvelle capsule de PoésieS au Grenier, avec ce mois-ci la très belle lecture que nous donne Florence Noël de « Sur l’échelle danser » de la poétesse française Claude Favre.

Un rare échos de la poésie d’ailleurs ? Voilà ce que vous propose encore Martine qui se tient pour nous en compagnie de Léa Nagy, lauréate 2018 du « prix du meilleur jeune poète hongrois », qui sera bientôt disponible en traduction française aux éditions du Cygne.

En attendant, vous pourrez déjà retrouver ce qui est actuellement disponible sur le marché dans notre rayon « Parutions ».

Parution parmi lesquelles on notera celle de notre nouveau Poète National, Mustafa Kör qui succède ce mois-ci à Carl Norac.

Actualité toujours avec les événements que nous vous annonçons sous rubrique.

Actualité, enfin, avec notre prochaine séance dont la date est décalée puisqu’elle aura lieu le samedi 26 mars prochain à 15h00 dans la salle Magritte où nous accueillerons le spectacle poétique « Abysses » de Danièle Dulière.

Et du lierre au grenier, il n’y a qu’un pas à faire pour découvrir la poésie sous toutes ses formes !

Vous embrasse à bouche cunéiforme,
Lystéria Valner
Le 4 mars 2022
Poésies
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Entretiens d'Auteurs
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Bas les masques ! Episiode 5_Jean Luc Werpin_vignette
Chroniques de lectures
I Huppen, Haïkus d’entre-saisons, Editions Stellamaris, 2021

On le sait, l’un des thèmes de prédilection des Haïkus, ce sont les saisons.

L’originalité de ce septième recueil de Iocasta Huppen est de se pencher sur ces périodes lisière, souvent pleines de charme et d’attente, d’ouverture ou de replis c’est selon, que sont les entre-saisons.

Le passage de l’été à l’automne,

Eté indien-
en chemisier léger
à boulevarder

puis,

Les premiers froids-
du safran des Indes
infuse dans ma tasse

les prémices du printemps,

Fenêtre ouverte-
le printemps est en avance
à l’heure de la musique

et celles de l’été

Entraperçue
ma première hirondelle-
mi-mai déjà

les caprices du temps,

Temps impitoyables-
les pruniers en fleur j’irai voir
peu importe la neige

et les belles choses qui finissent,

Avis sur le parasol :
« A fermer si le vent rafraîchit »-
derniers jours d’été

Tout au long des 90 pages de ce recueil, l’on passe d’images suggestives (Chaise au soleil-/une feuille se détache) à des sensations au creux de l’intime (Jours avant les vacances/déjà les vacances), de la rêverie (Un dernier verre-/il fait si clair/la lune doit être pleine) à la tendresse et aux vrais moments de joie secrète (Entre deux pages/je glisse une feuille d’érable-/Bienvenue, Automne !).



Martine Rouhart
Jeanne Champel Grenier, Une seconde éternité, France Libris, 2021, 78 p., 17,00
Recension Pierre Guérande
Cette « seconde éternité », Jeanne Champel s’en explique, « c’est le temps qui ne compte plus quand on est en communion avec la beauté et l’innocence ; c’est un bain de jouvence qui nous porte hors du temps et c’est une grâce renouvelable à l’infini ».

Jeanne est artiste en bien des domaines mais au moins dans deux modes d’expression majeurs : la peinture et l’écriture. Elle poursuit ici cette double vocation en publiant une trentaine de « portraits » de fleurs de son choix, des présentations littéraires associées à ses propres aquarelles des diverses espèces évoquées. Cela donne un bonheur de petit recueil, où notre lecture attentive des descriptions naturelles s’enrichit à chaque fois des illustrations lumineuses qui les escortent.

Et cette alternance est plutôt confondante : on n’oserait contraindre l’auteur (qui ne féminise pas le mot) à choisir entre ses deux talents qui portent semblablement leur splendeur émotive : ici, des descriptifs d’une précision quasiment scientifique due à de belles qualités d’observation et à un regard coloré par l’humour, comme le souligne la préface de Michel Lagrange ; mais là, un pinceau coloriste inspiré – franchement – surtout dans l’opposition des bleus et des jaunes en hommage au forsythia, au mimosa, au narcisse et à la passiflore se détachant de l’arrière-plan bleu azur. Chaque titre botanique figure aussi en son nom latin et s’épand en allusions savantes ou burlesques, personnelles au point de rappeler de grands anciens : Rousseau qui tenait un herbier scrupuleux en marge de ses rêveries de promeneur solitaire : ou Redouté pour ses roses universelles …

Un plaisir donc à « effeuiller » comme on fit en son temps des pages de naturalistes fameux ou, récemment, des chroniques d’Alain Baraton, tous fous de nature et de jardins dont certaines circonstances de claustration viennent de raviver l’irremplaçable et proche enchantement.

Pierre Guérande
Grisélidis Real, Chair Vive – poésies complètes, Seghers, 2022, 256 p., 17,00
GRISELDIS REAL
« Qu’il vente, grêle, gèle, j’ai mon pain cuit.
Je suis paillard, la paillarde me suit.
Lequel vaut mieux ? Qui s’entresuit,
Car l’un l’autre vaut et à rat faux il y a faux chat.
Nous aimons l’ordure et l’ordure nous poursuit
Nous fuyons l’honneur et il nous fuit
En ce bordeau où tenons notre état »[1]
François Villon, Ballade de la Grosse Margot

Seulement connue de quelques initiés ou de façon fragmentaire l’œuvre complète de la poétesse suisse Grisélidis Real (1929/2005) nous est en ce début d’année 2022 rendue accessible par les éditions Seghers dans une présentation que j’ai jugé, pour ma part, remarquable d’intelligence.

Connue comme écrivain, peintre et prostituée, Grisélidis Real était, jusqu’ici, moins connue comme poétesse, genre dans lequel elle s’affirme et s’épanouit pourtant avec bonheur tout au long de sa vie, de son adolescence précoce aux limes de la mort.

Grisélidis Real partage avec -et bien avant- Virginie Despentes, l’autre « grande pute » de la littérature française, l’intuition foudroyante que ce qui fait la singularité de la prostituée, tient moins de son activité que de ce qu’elle ne parle pas, qu’« elle ne se parle pas ».

C’est cette position aux marges/marches de La Parole et l’écriture comme réappropriation et mise en marche de sa propre marginalité qui s’exerce dans la littérature de ces deux autrices et qu’il s’agit de saisir à chaque fois, de la lyrique cosmogonique et animal de Real à la pragmatique réaliste et mécaniciste de Despentes.

Alors, oui, elle parle la « pute » et elle parle comme un Poète !

De la vie, de la mort et de la maladie,[2] des marginalités (la pute et la prisonnière),[3] de la misère, de la violence et de la solitude et… de l’amour, bien sûr…pour les hommes, pour ses enfants, pour les filles de joie, pour les femmes, pour son médecin et pour ses infirmières.

À treize ans elle écrit : « Jouez, enfants, dans la lumière/ dit la Vie au rire argentin, / Ne soyez soucieux, ni austères, / Mais ivres d’espoir et de joie/ comme fleurs écloses au matin. »[4]

Elle en a maintenant presque trente lorsqu’elle compose ce poème à son animal-totem, l’étoile de mer : « Étoile berceuse de solitude/ Blessure rouge au cœur du sel/ Je suis le vide qui t’entoure/ Le cristal du silence te blesse/ De sa denture de givre/ Étoile unique, errante veilleuse/ Aux frondaisons de l’espace/ Je suis l’eau morte qui t’entoure… ».[5]

Un jour, elle a maintenant un peu plus de trente ans -est-ce arrivé une après-midi de printemps ou était-ce un accident ? - le beau Bill, son amant, en fait une putain : « Je suis sous la puissance d’un monstre/ Au cœur dur de granit/ … /Je bois du whisky/ Parmi les imbéciles/ Et je fais la putain pour nourrir mes enfants »[6]

Alors, bientôt c’est la prison pour trafic de stupéfiant : « Il est midi mes sœurs midi dans le ciel dur/ … / Il est minuit mes sœurs minuit dans le ciel noir »[7]

Et puis, cela surprendra-t-il pour une femme aux onze milles verges, il y a le bien aimé Rodwell celui pour lequel -à mon sens- elle écrit ses plus beaux poèmes d’amour, de sang et de bitume, je vous en laisse juger :

« Toi ma grande étoile de mer/ Qui fends l’eau calme de mes nuits/ Toi ma méduse vagabonde/ Errant sur des horizons morts/ Toi mon grand poulpe inassouvi/ Dont les bras noirs me violentent/ Tu bois la pulpe de ma vie » ; [8]

« Malheur à la ville perdue /où les poètes se prostituent » ; [9]

« Par le grand lys noir de ton sexe/ Et par la douceur veloutée/ De ses mandarines jumelles/ Dans la tiédeur de tes broussailles/ … / Par la morsure de ton miel/ Dans la corolle de ma fleur/Sous le troupeau de tes caresses/ Piétinant et criant de joie/ Je suis ta terre dévastée » ; [10]

« Chicago gueule immense ouverte sur la mer/ Chicago bouillonnant et crachant tes scories/ Sur un ciel violacé de fumeuse insomnie/ Chicago lourde pieuvre aux ventouses de fer »[11]

Mais ainsi va la vie qu’un jour – on a beau marcher, on a beau écrire, on a beau coucher- elle s’achève et se finit, « inéluctable est l’heure, impassible l’instant ». [12]

Tant qu’il reste un peu d’encre, elle écrit ; c’est une vieille dame rongée par la maladie[13] maintenant et elle peut dire : « Ma vie s’est déroulée/ Comme un long serpent noir / Aux écailles d’argent »[14], « Adieu le monde, adieu la Vie/ Que j’ai tant aimée, tant haïe ».[15]

Puis La Parole s’est tue, « Le souffle s’est enfoui/ En la troublant à peine/ Chantez l’immaculée/ Peau de marbre inhumaine/ Figée d’éternité/ Sous l’or des encensoirs/ Jetez votre oraison / Aux gorges du silence. »[16]

Vous ne m’en voudrez donc pas si je conclus en vous disant : « Grisélidis Real ? Qu’elle putain de Poète !»[17]

Lysztéria Valner
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[1] Version proposée par l’auteur. NB : Villon utilise l’adjectif « mauvais » et non « faux » mais sous son ancienne forme « mau » et je garde le vers final original où « bordeau » se lit aujourd’hui « bordel » naturellement, non seulement en hommage à l’auteur mais aussi pour rappeler que les bordels étaient, dans le Paris de Villon, en bords d’eaux, c’est-à-dire sur les bords de la Seine, la sienne pas la nôtre qui s’écrit Senne.
[2] Le cancer l’emportera
[3] « Pute » elle le revendiqua jusque dedans la tombe (parlant de celle-ci, elle disait : « vraiment, cette bonne femme, elle mérite qu’on arrose sa tombe de foutre »), « prisonnière » elle le fut pendant sept mois en Allemagne pour une histoire de trafic de drogue.
[4] Le cycle de la Vie, p.25
[5] Poème de l’étoile de mer, p.30
[6] La putain, p.39
[7] Cantique des larmes, p.108/109
[8] Chant d’amour pour l’amant infidèle, p.115
[9] Cantique de l’espoir, p.118
[10] Exorcisme, p.142/143 ; Lire également Chant d’amour pour Rodwell à Chicago, p.146 et Fécondation, p.148
[11] Chicago, p.132
[12] Hallali, p.175
[13] Lire par exemple, Échographie (p.217), Chimiothérapie (p.219), Caelyx (p.223), Le cancer mis à nu (p.239) ou Morphine (p.241)
[14] Fata morgana, p.181
[15] Adieu aux armes, p.229
[16] Obsèques, poème inachevé, mai 2005, p.243
[17] Il va sans dire -mais ça va toujours mieux en le disant- que dans l’expression populaire « c’est un(e) putain de… » le mot « putain » a valeur de superlatif qui a sens « d’impressionnant », « extraordinaire », « très, très bon », etc. C’était bien le moindre des hommages poétiques que je pouvais lui rendre que d’utiliser ce « vilain » mot dans ce sens-là !
Le Grenier en Scène
Dans cette nouvelle rubrique, « Le Grenier en Scène », vous pourrez retrouver chaque mois le résumé des séances de lectures mensuelles tenues par le GJT. Une occasion de découvrir nos poètes et chansonniers vous présentant leurs œuvres parce que si la poésie ça se lit, ça se dit et ça se chante aussi !
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Grenier Jane Tony_Grenier en Scene_Octobre_Vignette_5
Du temps jadis
MARTIAL 2
Lorsqu'à te recevoir mon portefeuille est prêt,
Tu veux aller briller au quartier d'Argilet,
Livre trop imprudent ; ah ! tu ne connais guère
Les superbes dédains de cette Rome altière,
Ni les airs de mépris dont sa fière grandeur
Accueille les essais d'un indiscret auteur.

Crains le goût délicat dont l'extrême finesse
A, chez les fils de Mars, remplacé la rudesse
Nul peuple n'offre des lecteurs
Plus dégoûtés et plus frondeurs.

Jeunes gens et vieillards, tous ont l'humeur railleuse ;
Chez eux l'enfance même est plaisante et moqueuse.
N'attends pas là d'amis, de protecteurs.

Après mille bravos, mille feintes caresses,
Quand tu t'applaudiras de leurs faveurs traîtresses,
Aux outrages sanglants, soudain abandonné,
Par les valets tu te verras berné.

Mais quoi ? las d'essuyer ratures sur ratures,
Et de voir ta gaîté mourir sous mes censures,
Au risque dans les airs de bientôt voltiger,
Tu veux, jeune étourdi, courir les aventures ;
De ton obscurité je vois que tu murmures.

Eh bien donc, prends l'essor et brave le danger !
Mais chez moi tu trouvais la paix sans voyager.
Poésies au Grenier
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PoesieS au Grenier_Claude Favre_Vignette
DÉCOUVERTES
Echo d’ailleurs/découverte : Lea Nagy
Léa Nagy
Lea Nagy est une poétesse hongroise, née à Budapest en 2000. Elle a publié dans son pays deux recueils, " Köhullás " et "Légövény", et un troisième en préparation

Lauréate du prix du meilleur « jeune poète hongrois » en 2018.

Un premier recueil en langue française va paraître aux Editions du Cygne à Paris.
Découvrons ici trois de ses poèmes (traduction et interprétation par Lea Kovács) :

Pile
dans un long manteau brun.
à neuf heures quarante pile.
tu m’attends sur le parking, comme toujours.
j’entre dans ta voiture.
tu m’offres une cigarette.
ta main tremble.
tu trembles.
à neuf heures cinquante pile.
j’accepte.
et on démarre.

Les furieux et les fous
nous n’avons plus d’air
la pression est trop grande
je te dis de le faire
encore
roule plus vite
dépasse-le
un vacuum
espace vide
à peine sentons-nous le bout de nos doigts
seul l’engourdissement sur nos lèvres.
nous courons furieux
comme des fous engourdis
le sifflement furieux du téléphone
comme une douleur de machine hurlante
résonnements lointains dans l’oreille
le goût du sang
souvenirs d’un piano et d’une cabine suffocante
le sang sur les draps
qu’en circulant à travers les feuilles tombantes des arbres
notre niveau de sérotonine va dans la même direction
que ce qui est sur toi
y compris ta peau ne m’interpelle même pas
pourtant ce n’est qu’à travers cela que tu sens quand je te tâte
qu’en même temps dieu existe
et n’existe pas
que l’homme n’est plus du tout un animal
mais quand même
que les animaux sont furieux
et fous.

Le piano
Dans ton salon il y avait
un piano couleur os.
Dans l’ennui nous appuyions
sur une touche.
Nous chantonnions en plus.
Tu te souviens?
Tu sais, juste pour que
quelque chose remplisse ton
appartement loué à Buda,
recouvre son silence moisi.
À l’époque nous étions
encore beaux tous les deux.
C’était l’automne.
Je te voyais de moins
en moins.
Je n’arrivais pas à dormir.
Maintenant non plus.

Martine Rouhart
PARUTIONS
ZÉNO BIANU
Zéno Bianu, Pierrot solaire, 152 p., Gallimard, 03.3.2022, 18,00€
Patrick Devaux
Patrick Devaux & Martine Rouhart, Mouvances de plumes, 65 p., Le Courdrier, 7 mars 2022, 16,00
René Guy Cadou
René Guy Cadou, Et le ciel m’est rendu, 104 p., Bruno Doucey, 3 mars 2022, 14,00
Philippe Colmant
Philippe Colmant & Philippe Leuckx, Frères de mots, 101 p., Le Coudrier, 7 mars 2022, 18,00
Thierry Defize
Thierry Defize, Sans Titre 13-14, 118 p., Éditions 632, février 2022, 9,00
Pablo Neruda 2
Pablo Neruda, Tes pieds je les touche dans l’ombre, 148 p., Édition bilingue, Traduction Jacques Ancet, Seghers, 31.3.2022, 15,00
Pablo Neruda
Pablo Neruda, Hauteurs de Macchu Picchu, 96 p., Édition bilingue, Seghers, 31.3.2022, 12,00
Mustafa Kör
Mustafa Kör, De pain et d’Amour, Brood en liefde, 82 p., Maelström REevolution, 29.1.2022, 8,00
Michel Joiret
Michel Joiret, Le long chagrin de mes jardins en ville, 97 p., Le Courdrier, 28 février 2022, 18,00
Marie-Jo Vanriet
Marie-Jo Vanriet, Beige fracas, 52 p., Dancot-Pinchart, février 2022, 14,00
Marcelle Pâques
Marcelle Pâques, Le cœur en balade, Bleu d’Encre, 03 mars 2022
Julien Blaine
Julien Blaine, 2021, 264 p., Al Dante/ Les Presses du Réel, 2ème trimestre 2022, 30,00
Laurence Vielle
Laurence Vielle & Jan Ducheyne, Laatste Train, 56 p., Maelström REevolution, 12 mars 2022, 3,00
HENRI DROGET
Henri Droguet, Toutes affaires cessantes, 88 p., Gallimard, 10.3.2022, 12,00
JACK KEROUAC
Jack Kerouac, Le livre des haïkus, Édition bilingue, Traduction Bertrand Agostini, 432 p., La Table Ronde, 24.3.2022, 10,20
JEAN DAIVE
Jean Daive, Monoritmica, 320 p., Flammarion, 09.3.2022, 19,50
Hélène Cadou
Hélène Cadou, J’ai le soleil à vivre, 144 p., Bruno Doucey, 3 mars 2022, 15,00
ELISE BENCHIMOL
Elise Benchimol, Osez (re)lire Baudelaire, 96 p., Flammarion, 16.3.2022, 3,00
Emmanuel Hocquard,
Emmanuel Hocquard, Une Grammaire de Tanger, mars 2022, P.O.L., 18,00
François de Cornière
François de Cornière, Les façons d’être, 232 p., ., Le Castor Astral, mars 2022, 9,00
Françoise Lyson-Leroy
Françoise Lyson-Leroy, Madeleine, 30 p., Tétras Lyre, mars 2022, 16,00
COLLECTIF NRF
Collectif, La Nouvelle revue Française, n°653, 144 p., Gallimard, 17.3.2022, 15,00
DENISE DESAUTELS
Denise Desautels, L’angle noir de la joie suivi de D’où surgit parfois un bras d’horizon, 304 p., Gallimard, 10.3.2022, 10,60
Collectif, Voix d’Encre
Collectif, Voix d’Encre, n°66, 68 p., Voix d’Encre, mars 2022, 12,00€
Elisa Ka
Elisa Ka, La porte du dedans, 122 p., Jacques Flament, mars 2022, 12,00
Collectif Attaques
Collectif édité par L. Cauwet, Attaques, n°4, 856 p., Al Dante/Les presses du Réel, 2ème trimestre 2022, 35,00
Collectif Mercure
Collectif, le goût de la poésie française, 208 p., Le Mercure de France, 10.3.2022, 10,00
CLAUDE MINIÈRE
Claude Minière, L’espace entre l’éclair et le tonnerre, 96 p., Gallimard, 10.3.2022, 12,00
Cécile Coulon 2
Cécile Coulon, Noir volcan, 168 p., Le Castor Astral, mars 2022, 9,00
Cécile Coulon
Cécile Coulon, En l’absence du capitaine, 152 p., Le Castor Astral, mars 2022, 15,00
CARLES DIAZ
Carles Diaz, Polyphonie landaise précédé de Partage, 96 p., Gallimard, 03.3.2022, 12,00
BARTABAS
Bartabas, Les cantiques du corbeau, 112 p., Gallimard, 03.3.2022, 12,50
Arnaud Delcorte
Arnaud Delcorte, Lente dérive de sa lumière, 126 p., L’Arbre à Paroles, mars 2022, 14,00
Allette Griz
Allette Griz, Plier l’hier, 82 p., Tétras Lyre, mars 2022, 16,00
Alberto Nessi
Alberto Nessi, Minimalia, 96 p., Édition bilingue, Traduction Christian Viredaz, Cheyne, 09.2.2022, 23,00
ALAIN DUAULT
Alain Duault, Car la douceur de vivre est périssable, 112 p., Gallimard, 03.3.2022, 13,50
Christian Viguié
Christian Viguié Ballade du vent et du roseau, 224 p., La Table Ronde, 10.3.2022, 18,00
Évènements
Le service de la Culture Française de Ganshoren présente « Valse Nue », la pièce d’Isabelle Bielecki le 26 mars 2022 à 19 h 30 à Ganshoren rue Zeyp 47
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Camille Claudel, passionnée par la sculpture, s’est installée seule dans un vieil atelier. En cette fin de dix-neuvième siècle, elle ose, elle a pris son indépendance vis-à-vis de son amant, Rodin, et de sa famille pour vivre pleinement son destin d’artiste et réaliser une grande œuvre. Inexistante au début, celle-ci grandit entre les tableaux jusqu’à l’apothéose de la dernière scène. Camille reçoit la visite d’une amie anglaise, d’un jeune apprenti de Rodin, de sa mère, de sa sœur, tous tentent d’infléchir son choix.

La pièce dévoile une tranche de vie d’une grande artiste broyée par sa famille et son époque, ignorée jusque dans les années 80′, reconnue aujourd’hui, enfin, par tous.

Lecture-spectacle le 26 mars à 19h30
Réservation obligatoire : culture.francaise@ganshoren.brussels
Entrée 11€ sur le compte BE30 0680 4139 8011 en mentionnant Valse nue et votre nom.
Adresse de la salle : GC De Zeyp, rue Zeyp 47, 1083 Bruxelles
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