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Affiche 20210918

Les Soleils d’Octobre

Auguste Lacaussade

Aux jours où les feuilles jaunissent,
Aux jours où les soleils finissent, Hélas !
nous voici revenus ;
Le temps n’est plus, ma-bien-aimée,
Où sur la pelouse embaumée
Tu posais tes pieds blancs et nus.

L’herbe que la pluie a mouillée
Se traîne frileuse et souillée ;
On n’entend plus de joyeux bruits
Sortir des gazons et des mousses ;
Les châtaigniers aux branches rousses
Laissent au vent tomber leurs fruits.

Sur les coteaux aux pentes chauves,
De longs groupes d’arbustes fauves
Dressent leurs rameaux amaigris ;
Dans la forêt qui se dépouille,
Les bois ont des teintes de rouille ;
L’astre est voilé, le ciel est gris.

Cependant, sous les vitres closes,
Triste de la chute des roses,
Il n’est pas temps de s’enfermer ;
Toute fleur n’est pas morte encore ;
Un beau jour, une belle aurore
Au ciel, demain, peut s’allumer.

La terre, ô ma frileuse amie !
Ne s’est point encore endormie
Du morne sommeil de l’hiver...
Vois ! la lumière est revenue :
Le soleil, entr’ouvrant la nue,
Attiédit les moiteurs de l’air.

Sous la lumière molle et sobre
De ces soleils calmes d’octobre,
Par les bois je voudrais errer !
L’automne a de tièdes délices :
Allons sur les derniers calices,
Ensemble, allons les respirer !

Je sais dans la forêt prochaine,
Je sais un site au pied du chêne
Où le vent est plus doux qu’ailleurs ;
Où l’eau, qui fuit sous les ramures,
Échange de charmants murmures
Avec l’abeille, avec les fleurs.

Dans ce lieu plein d’un charme agreste,
Où pour rêver souvent je reste,
Veux-tu t’asseoir, veux-tu venir ?
Veux-tu, sur les mousses jaunies,
Goûter les pâles harmonies
De la saison qui va finir ?

Partons ! et, ma main dans la tienne,
Qu’à mon bras ton bras se soutienne !
Des bois si l’humide vapeur
Te fait frissonner sous ta mante,
Pour réchauffer ta main charmante
Je la poserai sur mon cœur.

Et devant l’astre qui décline,
Debout sur la froide colline,
Et ton beau front penché sur moi,
Tu sentiras mille pensées,
Des herbes, des feuilles froissées
Et des bois morts, monter vers toi.

Et devant la terne verdure,
Songeant qu’ici-bas rien ne dure,
Que tout passe, fleurs et beaux jours,
A cette nature sans flamme
Tu pourras comparer, jeune âme,
Mon cœur, pour toi brûlant toujours !
Mon cœur, foyer toujours le même,

Foyer vivant, foyer qui t’aime,
Que ton regard fait resplendir !
Que les saisons, que les années,
Que l’âpre vent des destinées
Ne pourront jamais refroidir !
Et quand, noyés de brume et d’ombre,
Nous descendrons le coteau sombre,
Rayon d’amour, rayon d’espoir,
Un sourire, ô ma bien-aimée !
Jouera sur ta lèvre embaumée
Avec les derniers feux du soir.

Auguste Lacaussade, Poèmes et Paysages
Edito
C'est l'heure de la rencontre entre semailles et récolte,
entre le lointain du rêve et la vasque des jours…

Adonis, Cinquième digression. 4. Apprentissages , in Singuliers[1]

Je vous avais dit (NRE n°39) que l'adonis est beau, qu'il soit jaune-printemps ou rouge d'automne, qu'importe, Ovide, lui-même, n'en disait-il pas qu'il pouvait "plaire même aux yeux de l'Envie" ? (in Les Métamorphoses)

- Ah, oui, Monsieur ! Vous voyez -bien- j'ai une guibolle occidentale pour les latins et pour les grecs et un fumeron oriental qui marche à la verticale et écrit tout à l'envers ! Ma tête, Madame ? Vous voyez bien qu'elle est flamande, un masque négro-maure de Bruxelles ou d'Anvers !

Mais, j'en reviens à mes adonis, qui sont rouge-sang à l'automne.

Peut-être vous-mêmes, les aurez vous observés dans vos jardins ou dans les prés? Peut-être vous serez-vous baissé pour en cueillir une…après tout, nous sommes en fin de saison, c'est le temps des récoltes…

Et pour vous aussi, Poètes, c'est le temps des moissons et de juger du travail de vos lieurs et tâcherons.

Pour cela, nous vous attendons à notre assemblée générale annuelle qui se tiendra le 9 octobre prochain, à partir de quinze heure, à notre lieu de rencontre habituel ou, si vous le préférez, pour y mieux voir, nous pourrons utiliser un zoom.

Un zoom ? Il m'en faudrait un pour y voir clair dans cette histoire de passe sanitaire (en langue bien d'chez nous: "Covid Safe Ticket") qui ne sera donc pas d'application au 1er octobre mais que l'on nous annonce, maintenant, pour le quinze prochain…

Le 15 qui comme vous le savez, nous vient avant le 16 où, troisième samedi du mois oblige, nous nous retrouverons pour notre séance mensuelle.

Au menu (Marc, sort de ce corps !)[2] de cette séance et en "écoutant la rivière", Marguerite James recevra pour nous Thierry-Pierre Clément autour de son très beau recueil paru, sous le numéro 26, dans notre collection des Chants de Jane.

Et, ensuite ce sera à vous, car nous serons, toute une heure durant, rivés à vos vers.

Mais en dévalant la rivière comme on descend ces lignes et en vous espérant, Madame, comme on espère les vers d'un poète, il me revient de vous inviter à lire la très belle chronique que Martine (Rouhart, si vous ne le savez pas encore) consacre au "Marque-pages" de notre ami Patrick Devaux (et, oui c'est encore au Grenier que ça se passe !) dont Marcel Omer[3] (c'est ainsi que l'appelle ma femme)[4], lui-même, vous a dit qu'il était excellent !

Excellent comme vous l'êtes et comme l'est également notre greniériste lauré,[5] Jean-Louis Van Durme, dont Ariane Thymour vous donne sa lecture dans votre, désormais, traditionnelle capsule de «PoésieS au Grenier»….le mois prochain ? Promis, on attaque la poésie égyptienne antique.

Et d'ici là vous pouvez toujours me découvrir plus avant dans le dernier numéro de «Ceci n'est pas un masque !» auquel succèdera, normalement, le mois prochain et pour notre nouvelle saison, «Bas les masques !» naturellement.

Ou mieux, si vous êtes allergique à ma- pourtant- charmante bobine, vous pouvez toujours vous laissez porter avec moi jusqu'aux gorges du Luberon dont je vous rapporte le tonnerre de Tengri et le bleu des steppes de Mongolie et aussi quelques roses que nous devons à Pat Ryckewaert. Pat[6] qui n'échappera pas à mes baisers quoique retranchée en son parfait Vers-sang …mais je suis un homme assidu, vous dirait ma femme… un homme assez dur vous diraient mes filles….mais un homme dur c'est bon….bon comme le sont les doux poèmes de nos auteurs qui vous sont à lire.

Et si vous avez fait tout ça et que Poète, comme loup affamé, il te reste un petit creux, alors après avoir croqué le petit chaperon, et pour ta digestion, tu pourras choisir tes prochaines lectures dans notre rayon des parutions.

Reste à parler des copains. Claude Donnay qui nous fait l'événement littéraire de cette rentrée avec son dernier roman, «L'heure des olives» et Florence Noël que vous pourrez retrouver le 6 octobre prochain à 17h00 à l'ARAEW de nos amis Joseph Bodson et Patrick Devaux.

Voilà je vous ai fait la réclame, il vous reste à lire…il vous reste à nous dire !

À samedi, donc, noble Sire,
Lysztéria Valner, le 1er octobre 2021
___________________________
[1] Nous devons la traduction française de ces vers à Anne Wade Minkowski & au regretté Jacques Berque ; qu'ils en soient loués !
[2] NB: Marc Menu est un poète honoré et un membre estimé de notre association
[3] Marcel Peltier qui est également un greniériste de renom ; Marcel qui est mon renoi à moi J
[4] Aucun commentaire sur ma femme, je vous remercie .
[5] Le Monsieur est quand même grand prix de la découverte poétique 2021 de la Fondation de France (Prix Simone de Carfort)
[6] Pat, qui si elle n'est pas -encore-membre de notre Grenier, est une excellente poète tout de même et, elle le sait, une de mes préférées
Poésies
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Entretiens d'Auteurs
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Chroniques de lectures
Marque-pages, Patrick Devaux, Les Chants de Jane 28 GJT, 2021, 25 p., 5,00
Patrick Devaux
Pour son « Chants de Jane », le poète Patrick Devaux ne déroge pas, pour notre grand bonheur, à ses pluies de mots qui ruissellent sur la page et ricochent dans l’âme du lecteur.

Marque-pages, le recueil porte bien son nom. Il y est question d’amour et davantage encore, d’écriture. On devine l’importance que les mots ont pris, depuis longtemps déjà, dans sa vie. Ils sont refuge, repères ; le poète est là « à juste vouloir avec le signet de soie être à la page de lui-même (de toi-même) »

Pour lui les mots sont partout, - il faut parfois insister, les poursuivre, « risquer le temps perdu des vocabulaires » -, ils s’imposent, et même « l’amour est un origami de passage ». Ils sont nécessités, manière de vivre. D’ailleurs « j’écris ton nom dans toutes les gares du monde/ce sont mes arrêts préférés ».

L’auteur écrit le plus souvent quand le jour a disparu ; il passe sa « nuit bleue d’encre à ramasser les mots jusqu’au tranquille sommeil » et durant les nuits blanches « la phrase fait le vide on trie on rapièce le temps troué à ne pas être ». A chaque fois, « la nuit toujours s’attend à voir tomber du ciel un ange qui le (me) ferait moins douter ».

Les poèmes, d’apparence aérienne, sont emprunts d’une certaine gravité, berceaux de doutes et d’interrogations.

Comme tout écrit, sans doute reflètent-t-ils l’intérieur de l’âme de son auteur arrivé à cette page-ci de sa vie, après un parcours semé d’expériences et de mots. En attendant que s’ouvrent d’autres pages à venir…

« je me suis
fait
à
l’idée
du
poème
comme
d’autres
à l’idée
de prison

j’ai autant
de
mal

à
convaincre

de
mon innocence »

Martine Rouhart
Patricia Ryckewaert, Rose, éditions Le Coudrier, 2021, 95 p., 18,00
Rose
« La rose dit: Tombeau sombre,
De ces pleurs je fais dans l'ombre
Un parfum d'ambre et de miel »
Victor Hugo, in La tombe dit à la rose

Patricia Ryckewaert livre avec «Rose» une magnifique illustration littéraire du «kintsugi» cet art japonais de la réparation à la feuille d'or consistant à surligner et rehausser d'or la cassure plutôt que de la vouloir gommer, d'en effacer la trace et, demain, jusqu'au souvenir.

Et c'est sans doute le propre du génie humain que d'avoir compris que la fêlure pouvait receler sa propre beauté et que la cicatrice avait été vouée au témoignage, non à la disparition.

Il est des meurtrissures des âmes et des bris (débris) de corps qui ne peuvent être cachés ; qui, surtout, ne doivent pas l'être !

Non pas pour ne pas inquiéter notre tranquillité bourgeoise mais parce que nous passerions à côté de ce qu'elles ont à nous révéler….à nous révéler de splendeurs.

J'ai cité Hugo, pour le même prix j'aurais pu prendre Baudelaire : «Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or».

Car tout l'art du poète est de transmutation et de sublimation.

D'abord donc la boue, la merde ou le vomis, comme une épine de rose

Elle voudrait oublier
le paysage de sa chair outragée…
…Dans les grands yeux de Rose, la mort de sa mère et ses seize ans saccagés..

Elle est restée là cachée derrière ses
paupière cousues
le cœur plié comme un petit mouchoir, le
souffle lent
à attendre que se taisent la peur et son
cortège de douleurs…
… Elle est restée à terre, immobile
couchée dans son ombre frêle, le silence
autour
dans sa poitrine le grand désert de Gobi…

Elle dit j'ai froid quand sa bouche est de
braise, brûlée au sel de la vie, aux larmes
des autres, et elle s'agenouille là à
recueillir les cendres, à plier son chagrin
comme un petit mouchoir.

Ensuite, l'opération alchimique qui est le poème, tout entier racines et tige

Elle lui dira un poème nu
avec juste un souffle et une petite fissure
dedans
un poème cru avec des crocs et de l'odeur
à le secouer un peu, à l'envoyer au fond
des bois
à le faire loup, humus et fougère le cœur
ivre de sève et de battre.
Elle l'enveloppera d'un poème de peau
et de fourrure, bien au chaud dans son cri
de femelle à dire l'émoi et la tendresse
sauvage
un poème de feuilles et de branches
à s'accrocher dans les cheveux, à griffer le
jour et les mains, à sentir la vie s'affoler
un peu.
Elle lui dira un poème blanc et pur
de mousse sur les lèvres et de lait
d'églantine de neige épaisse et douce à le
recouvrir.
Elle lui dira un poème nu
avec juste un souffle et une petite fissure
dedans…

Mais en quoi le Poète, qui a aussi ses "putains", trouve-t-il le solvant universel, le sel de dissolution qui réalisera l'œuvre au rouge ?

Puisque c'est Elle, ce sera Lui -Louis qui avait de si beaux yeux dit-elle-

…lui qui l'a trouvée recueillie
pansée apprivoisée bercée
aimée
recousue.
Lui, pourtant, chair nu et amour indécent, creuset des nuits obscurs et réconciliatrices, voilà enfin advenu, cette rose, pourtant absente de tous bouquets…puisque, vous le noterez, "Elle est née ce matin là sur ce papier aux grains épais….Elle naîtra encore demain…"

Et si, finalement, les roses cendrées de Ceylan étaient à quelqu'un ?

Lysztéria Valner
Du temps jadis

François Villon (1431-1463)

Ballade des Dames du temps jadis

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?


Poésies au Grenier
jlvd
PARUTIONS
Kitasono Katué
Kitasono Katué, 1902 - 1978, Edité par Jean-François Bory, Jacques Donguy, Marie Kawazu, Al Dante/les Presses du Réel, 4ème trimestre 2021
Sandra Lillo
Sandra Lillo, Les bonbons pleurent, Le Castor Astral, octobre 2021, 128 p., 12,00€
Rilke
Rainer Maria Rilke, Sur Dieu, traduction et présentation: Gérard Pfister, Arfuyen, septembre 2021, 128 p., 14,00€
Rafael José Diaz
Rafael-José Diaz, Demeurer suspendu, traduction : Bernard Banoun, Cheyne, septembre, 2021, 96 p., 22,00€
Louise Labbé
Louise Labé, Œuvres complètes (édition Mireille Huchon), Gallimard, 14.10.2021, 768 p., 49,00
Maeterlinck
Maurice Maeterlinck, Ainsi parlait Maeterlinck, choix et présentation: Yves Namur, Arfuyen, septembre 2021, 176 p., 14,00€
Edit this to insert text.
Thomas Cazentre
Thomas Cazentre, Manuscrits d'écrivains - dans les collections de la Bibliothèque nationale de France XVe-XXe siècle, Textuel/BNF, 27.10.2021, 240 p., 55,00€, NB: Genre: Divers
Marcel Alloco
Marcel Alocco, Fluxus, events, musique (1964-2021), édition bilingue, Al Dante/Les Presses du Réel, 3ème trimestre 2021
Jean-Luc Werpin
Jean-Luc Werpin, Les fines rides du temps, Jacques Flament, septembre 2021, 86 p., 10,00€
Julie Cotureau
Julie Coutureau, SNI, Al Dante/Les Presses du Réel, septembre 2021, 144 p., 15,00€
Goût du rêve
Collectif, Le goût du rêve, Mercure de France, 07.10.2021, 128 p., 8,00€, NB: Genre : Divers
Patrick Devaux
Patrick Devaux, Marque-pages, LES CHANTS DE JANE, n°28, GJT, septembre 2021, 25 p., 5,00€
Alexandra Grant
Alexandra Grant & Keanu Reeves, Odes to Happiness (Japanese edition), traduction: Shuntaro Taniwaka, Al Dante/Les Presses du Réel, 4ème trimestre 2021
Abbas Beidoun
Abbas Beydoun, Un billet pour deux - anthologie poétique 2010/2019, Sindbad/Actes Sud, septembre 2021, 160 p., 17,00
Antonin Artaud
Antonin Artaud, Here lies preceded by The indian culture, édition bilingue, traduction: Clayton Eshleman, Al Dante/Les Presses du Réel, 4ème trimestre 2021
Bleus d'aurore D Aguessy
Dominique Aguessy, Bleus d'Aurore, Éditions du Cygne 2021, 13 €
Arnaud Delcorte
Arnaud Delcorte, Trouble, éditions unicité, 08.10.2021, 14,00€



Évènements
Midi-De-La-Poésie

Gin Game

ou

Le Rami n’est pas ce qu’on pense


de Donald L. Coburn

Claude Van Doren et Renée Wohlmuth joueront aux cartes
en octobre le samedi 16 à 20h30 et le dimanche 17 à 15h

Centre Culturel d’Auderghem

Salle du foyer

183, Bd du Souverain, 1160 Bruxelles

Parking gratuit rue Idiers - métro Herrmann – Debroux – bus 34 – tram 8.
PAF :10€. Réservation obligatoire : 027704056 claude.van.doren@gmail.com
02 653 22 80 reneewohl@hotmail.com
Claude donnay

Distribution: Maison de la poésie d’Amay (Belgique et Luxembourg). Pollen (France).
Constatant que sa vie et son couple se délitent, Nathan Rivière simule un burn out et part se ressourcer à Saint-Walfroy. Il y fait la connaissance d’une femme fascinante et y découvre « l’Heure des olives », manuscrit du roman écrit par son père la retraite venue, dont lui-même, indécrottable velléitaire, s’était toujours imaginé porteur. Le père n’ayant aucune intention de publier son œuvre, la tentation est grande pour Nathan, lorsque l’occasion se présente, de se l’approprier. Une supercherie qui va le mener sur des routes imprévues liées au thème du roman.

Extrait
Tout atteste la réussite. Les murs terre de Sienne, l’éclairage intégré, les tableaux monochromes d’un peintre coté à la signature illisible, les meubles chinés, cette harmonie dans le désordre des objets… La réussite insolente. Indécente. Les gens qui franchissent le seuil de la maison respirent profondément, comme s’ils pénétraient dans un lieu sacré. Moi, vautré sur le canapé en cuir blanc, j’y étouffe en silence. J’aimerais gueuler ou casser quelque chose de précieux. Une carafe en cristal de Bohème ou ce vase chinois dont le couvercle me nargue. J’étouffe, mais jubile…
Trois mois sans mettre les pieds au bureau. Certificat médical en bonne et due forme. « Burn out profond, ramifié. Difficile à déraciner ». Le docteur Genaux n’a pas peur des mots ni des chefs d’entreprise.
J’ai déposé mon certificat à l’accueil. J’aurais pu monter au sixième étage. Trévort m’aurait écouté, les doigts en éventail sur la table en verre. Prêt à bondir. Comme chaque fois qu’il doit subir un discours déplaisant. J’ai préféré zapper. « Sorties autorisées et même conseillées. » Un chèque cadeau. Trois mois de vacances. « Pour commencer. » Je n’ai pas connu semblable fête depuis la fin des études.

Claude Donnay

Né à Ciney en 1958, Claude Donnay vit à Dinant, dans la vallée mosane. En 1999, il fonde la revue semestrielle de poésie Bleu d’encre, qui s’accompagne depuis 2011 d’une maison d’édition. Auteur de dix-sept recueils de poèmes, il écrit aussi des nouvelles, dont certaines ont paru dans les revues Sol’Air, Nouvelle Donne et RegART. Il a reçu le prix Emma Martin pour sa nouvelle Spartacus. Son premier roman, la Route des cendres (M.E.O.), salué par la critique, a été finaliste du prix Saga Café.
Cotisations
C’est le moment ! N’oubliez pas, si vous voulez recevoir les « Chants de Jane », de renouveler votre cotisation annuelle : 30 € à verser sur le compte du Grenier BE68 3630 1692 5934.
Informations
Attention ! Le Grenier Jane Tony a changé de compte en banque.
Voici le nouveau numéro de compte du Grenier : BE68 3630 1692 5934
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