TITRE+GRENIER
CHIEN LISANT 9
Agenda
En attendant de nous revoir ...... rafraîchissez votre âme avec l'été qui vient
Art by Charlotte Pardi from Cry, Heart, But Never Break by Glenn Ringtved, a remarkable Danish illustrated meditation on love and loss
Art by Charlotte Pardi from Cry, Heart, But Never Break by Glenn Ringtved, a remarkable Danish illustrated meditation on love and loss

L’Été

Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.

Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.

Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d’apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.

Théodore de Banville (1823-1891)
Les cariatides
Edito
Que devant la poésie s'inclinent…

«Cedant carminibus reges regumque triumphi,
cedat et auriferi ripa benigna Tagi »
Publius Ovidius Naso, in Amores,Liber I,XV,33/34
«Que devant la poésie s'inclinent les rois et leurs triomphes
que s'incline tout l'or du Tage aux rives généreuses»
Ovide, in Les Amours, Livre I,XV,33/34

- « Aimez-vous le fado et les amours contraires ? Et, après notre folie lisboète, retournerez-vous, mon doux poète, auprès de votre femme, quand aura passé l'été ? », me demanda-t-elle en descendant du lit où nous avions fini par nous connaître…

À nos pieds, la mer de paille brillait comme de l'or aztèque et tandis que s'éloignait ma belle angolaise, me revenait ce vers d'Ovide: « Que devant la poésie s'incline tout l'or du Tage aux rives généreuses ».

Oh ! J'ai quitté depuis bien des filles, et Lisbonne et Coimbra, mais il va sans dire que jamais je n'ai quitté vos bras…

Vous me demandez si j'ai aimé cette fille, voulant vous assurer que ma trahison est parfaite ? Voulez-vous que je vous mente en poète ou que je fasse poésie de cette triste vérité: « en vérité, je les ai toutes aimées » ?

Oui je vous ai tous aimés, Poètes, qui nous avez rejoints, que nous avons découverts ou que nous avons reçu cette année.

Nous saluons au passage, ce mois-ci, Alain Henry, Anne-Marielle Wilwerth et Carino Bucciarelli, qui nous ont rejoint et dont vous retrouvez les textes en compagnie de ceux de quelques habitué(e)s. N'oubliez pas qu'ici, au Grenier, nous attendons chaque mois les vôtres.

Une année où il nous aura fallu composer un vin nouveau dont le bouquet final nous est offert par l'entretien que nous accorde Renaud Denuit à l'occasion de la sortie du vingt-cinquième numéro des Chants de Jane qui lui est consacré. Renaud dont vous pourrez également retrouver des lectures dans notre capsule « PoésieS au Grenier ».

Au sujet de ces capsules j'attire votre attention sur le fait que nous recherchons des lecteurs et des lectrices, non point professionnel(le)s mais à tout le moins qui soient familiers des textes et de leur interprétation publique. Si vous êtes intéressé(e) n'hésitez pas à prendre contact avec notre président (baba_aidara@hotmail.com) pour en discuter avec lui.

Dans ce numéro, outre l'interview de Renaud Denuit vous retrouverez des chroniques de lectures de Martine Rouhart, Marguerite-Marie James et Viviane-Tâm Laroy.

Côté parutions on vous a préparé de quoi partir en vacances et on attire votre attention sur le dernier né de la collection Les Chants de Jane consacré à notre ami Jean-Louis Van Durme ; Jean-Louis que l'on félicite pour le prix de la découverte poétique Simone de Carfort 2021 de la Fondation de France qui vient de lui être attribué.

À la rentrée c'est Patrick Devaux qui devrait inaugurer la nouvelle saison des Chants de Jane.

Tiens ! En parlant de la rentrée ; sauf énième variation, du variant delta, sur le même thème, on va donc pouvoir se retrouver !

Normalement ce sera le samedi 18 septembre de 15h00 à 17h00, toujours à la salle Julien Vrebos à La fleur en papier doré, avec en ouverture une présentation du poète chilien et prix Nobel (1971) de littérature Pablo Neruda par Myriam Mullejans, Sara Arias et Renée Wohlmuth.

En espérant vous y retrouvez nombreux ! Car, comme le disait Méléagre, « Ami, c'est à toi qu'est lié mon existence et si je suis vivant c'est grâce à ta présence ». (Méléagre, L'hiver et le printemps)

Et d'ici là, portez-vous comme un fado portugais ou mieux, puisque c'est l'été, comme un tango argentin !

J'embrasse vos lèvres de jasmin
Lysztéria Valner, le 15 juin 2021

Poésies
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Entretiens d'Auteurs
MASQUE EP. 6
Ceci n'est pas un masque !

Épisode 6 : Renaud Denuit pour Les Chants de Jane n°25, GJT, 2021

Aujourd'hui nous avons le plaisir de recevoir Renaud Denuit pour son recueil Les Chants de Jane, numéro 25, publié cette année par le Grenier Jane Tony. Un entretien mené pour vous par Nima A. accompagnée de Lysztéria Valner aux lectures.

ENTRETIEN

Nima A. : La poésie est un art éclectique et nous avons le plaisir de recevoir, aujourd'hui, un homme qui ne l'est pas moins. Jugez-en plutôt, docteur en philosophie et lettres, licencié agrégé en communication sociale, diplômé d'études européennes, diplômé en science du gouvernement et administration publique. Journaliste, écrivain, fonctionnaire et professeur invité des universités. Et la littérature et la poésie dans tout cela ? Et bien notre invité y fût plongé tout petit puisqu'il est le fils et petit-fils des poètes Marie-Claire d'Orbaix et Désiré-Joseph d'Orbaix. Ainsi Renaud Denuit est également poète. Faut-il considérer deux ou trois temps ou un seul mouvement à son œuvre poétique ? C'est la question par laquelle je commencerai cet entretien car après une première série de textes parus entre 1972 et 1985, tu as réuni dans un recueil publié en 2012, des textes écrits entre 1985 et 2012. Alors, Renaud, ce Chant de Jane n° 25 est-il la continuation de cette seconde période poétique ou en inaugure-t-il une troisième ?

Renaud Denuit : Je pense qu'il y a plusieurs temps, sur la ligne du temps, s'agissant de mes publications poétiques. Le tout premier livre, "Ressembler à l'Homme" est à mettre à part car j'y ai mis des poèmes d'enfance, d'adolescence, bref de prime jeunesse, qui sont des tentatives, ou des sélections de tentatives. Ensuite vient la vague des poèmes publiés de 1974 à 1985, avec quatre titres : "Le feu de tous", "Palais d'origine", "L'impraticable" et "Ce qui est demeure du temps". Et puis - troisième moment - un assez gros livre qui s'intitule "Histoires de la détermination" et qui rassemble des textes écrits entre 1985 et 2012. Voilà, comme cela, je crois pouvoir répondre à cette question. J'ajoute que, dans ma vie à multiples facettes, il y a un invariant, une constante, qui est l'écriture. Quoiqu'il arrive, quoique je fasse, par ailleurs, je continue à écrire comme je le fais depuis me sept ans, quand on me l'a appris à l'école.

Nima A. : Renaud, nous sommes donc là pour parler du recueil que tu nous a fait le plaisir de publier chez nous cette année ; un recueil où tu as choisi de rassembler des poèmes édité entre le début de ta carrière poétique et aujourd'hui. Pourquoi ce choix ? Mais avant que tu ne nous répondes je te propose d'écouter quelques extraits choisis.

Renaud : j'ai été agréablement surpris d'être approché par l'équipe du Grenier Jane Tony qui me proposait de prendre place dans cette jolie série des Chants de Jane. Il m'a semblé que le plus logique, le plus honnête, le plus « cartes sur table », était de choisir des textes dans mes différents livres parus depuis 1972 jusqu'à 2012 et d'y ajouter deux inédits. Je me suis dit que comme cela, les gens qui ne me connaissent pas ou qui s'intéressent à la poésie sans avoir lu tout ce que j'ai publié et, a fortiori, en ayant rien lu du tout, peut-être auront-ils une idée assez correcte de ce que je fabrique.

Nima A. : Il m'a semblé que ce qui constituait le fil rouge de cet opus, c'était le temps. Qu’en penses-tu, d'une part ? Et d'autre part, qu'est-ce que le temps en poésie ou, plus précisément encore, pourquoi en traiter comme poète, plutôt que comme philosophe par exemple ?

Renaud : Pourquoi le traiter en poète plutôt qu'en philosophe ? D’abord parce que les philosophes ont déjà dit beaucoup de choses fort intéressantes sur le sujet, ensuite et surtout parce que la poésie est un langage multiforme, qui est un lieu de liberté encore beaucoup plus grand que dans les autres disciplines. Ainsi la poésie peut-elle aborder le temps comme il lui plaît, sur la base de l'expérience personnelle, sur des bases scientifiques, sur base de ce qui en a été traité ailleurs, en philosophie ou en art, etc. Cependant, je crois que le temps ou, plus précisément encore, la temporalité est un thème central de ma poésie et surtout ce qui caractérise l'humanité dans son aventure. Je veux dire ceci : nous souffrons parce que nous sommes inscrits dans la temporalité. Ainsi par exemple, vous êtes assise là et si l'on vous demandait de demeurer sans bouger dans cette position pendant quarante-huit heures, vous souffririez et vous iriez alors corriger cette situation d'inconfort, en vous levant, en bougeant, etc. Qu'est-ce que l'aventure humaine ? L'aventure humaine c'est une correction d'un état qui n'est pas supportable, qui est douloureux ou qui nous oblige de toute façon à bouger ; en allant voir ailleurs, en se mettant à l'abri dans des cavernes, en imaginant les premières armes pour se défendre ou pour chasser se nourrir et, jusqu'à aujourd'hui, nous réagissons face à des maux qui nous assaillent - pandémie ou autre - et nous n'en sortirons jamais tant que nous serons inscrits dans la temporalité. La temporalité signifie qu'il y a une succession de moments qui sont à chaque fois une correction du précédent. Et je pense qu'il faut avoir l'humilité d'essayer de comprendre cette temporalité et que ça ne sert à rien de se révolter car s'il y a, en elle, beaucoup de souffrances, il y a également beaucoup de guérisons et l'écart entre souffrance et guérison c'est le lieu même de la temporalité.

Nima A. : Le temps chez toi et dans ce recueil c'est tout autant le temps de l'homme que celui du cosmos, comment entrevois-tu la liaison de ces deux temps de l'infiniment grand pour l'un et de l'infiniment petit pour l'autre ?

Renaud : Çà c'est très difficile que d'entrevoir une corrélation et de dire quelque chose sur une corrélation entre un infini - déjà un, c'est difficile, par exemple le grand - et un autre - le petit. On sait de plus en plus de choses sur le petit, on sait aussi de plus en plus de choses sur le grand, mais on s'aperçoit qu'il est encore plus grand qu'on ne l'imaginait et qu'il est en expansion. Peut-être existe-t-il un ou des multivers et tout cela est assez fascinant. Je pense que fait partie de l'humanité de l'Homme que d'intégrer, mais pas nécessairement d'expliquer, ces deux dimensions puisqu'il est en situation de moyen terme entre ces deux expressions de la vie. Et je plains ceux qui traversent l'existence sans s'être jamais interrogé ni sur le cosmos, ni sur l'infiniment petit. Je pense que ce sont des exercices auxquels la poésie peut contribuer, qu'elle apporte et fait don de ses sensations sur ces phénomènes extrêmes et même effrayants. Et d'une certaine façon, je pense qu'au sujet de ces choses, la poésie est une aide.

Nima A. : Il est un autre thème qui parcourt ton ouvrage, c'est l'Amour : on a presque envie de dire l'Eros, je me trompe ? Et si je ne me trompe pas, c'est ce "ô temps, suspend ton vol et vous heures propices, suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les délices des plus beaux de nos jours !" qui est le temps réconciliateur, celui qui, littéralement, résout et le temps et le monde ?

Renaud : Sans doute. Plus j'avance dans la vie, plus je rencontre de gens, plus je pense à la phrase des Beatles, "All you need is love". C'est terrible comme les gens ont besoin d'amour. Je me suis rendu compte de cela, au travers de mes multiples expériences (que ce soit au cours de ma vie professionnelle, en faisant des campagnes électorales, en parlant à des inconnus…) : c'est Le Manque le plus grand ! Et en même temps cet amour - je parle alors de celui existant entre deux personnes - rend heureux et est bon pour tout (si je puis dire) même si c’est quelque chose de très fragile. Pour le relier à ce que nous disions du temps, l’émotion de l'amour constitue une forme de suspension du temps et c'est pourquoi les amants ont parfois l'impression d'entrer dans l'éternité - c'est sans doute romantique comme représentation – durant un bref instant. Donc il fallait parler de cela aussi, il serait très desséchant de ne pas parler de l'amour en écrivant des poèmes. Et de toute façon l'amour surgit tôt ou tard dans la littérature, mais pas nécessairement en plagiant Lamartine… (rires)

Nima A. : Si j'ai évoqué Lamartine, je crois cependant que l'excellent ami Joseph Bodson avait amplement raison d'évoquer à ton sujet Victor Hugo, « un des rares poètes qui osent ainsi prendre le monde et Dieu à bras le corps, et se mesurer avec eux.", écrivait-il. J'ai donc envie de te demander, Renaud, la poésie serait-elle un sport de combat ?

Renaud : C'est fort aimable de la part de Joseph Bodson de me comparer à Hugo quoique ce soit, à mon avis, un peu excessif. Toutefois je ne me suis jamais senti hugolien ni de ce niveau poétique, même si j'ai une très grande considération pour ce poète. "Prendre Dieu à bras le corps", voilà aussi une expression « forte de café » si j'ose dire. Dieu est probablement impensable, qu'il existe ou qu'il n'existe pas. Il y a en tout cas une difficulté très, très grande à le concevoir : on le décrit ainsi avec des mots humains pour en parler, le comparant tantôt à un justicier, tantôt à un guerrier, ou en disant que c’est quelqu’un de très, très gentil… Donc, « prendre Dieu à bras le corps », je crois que la poésie ne peut pas aller jusque-là. Quant à la poésie comme sport de combat, non ce n'est pas un sport de combat, ça peut être une forme de dureté dans le style, quand certains vers sont hachés, sont tranchés. Mais, parmi les sports, je n'aime pas du tout la boxe, ni aucun sport où il faut taper sur autrui. Ce que j'aime, ce sont les sports de déplacement, de cheminement en pleine nature, comme la marche, le vélo, la promenade à cheval, le ski ou la natation - de préférence en mer - qu'on les pratique seul ou à plusieurs. Qu'est ce qui se joue là ? Je crois que les sports de déplacement sont les plus apaisants et l'on sait l'effet bénéfique de la marche sur les états dépressifs. Quoiqu'étant un sport exigeant, la marche n'est pas un sport de combat.

Nima A. : Tes engagements professionnels, sociaux et politiques ont été et demeurent nombreux et ta littérature est éminemment humaniste. Alors comment vois-tu les hommes et l'aventure humaine en ce début de vingt et unième siècle ?

Renaud : je ne peux pas ne pas m'intéresser à la vie de la cité. Je lis les journaux, j'écris au sujet de l'actualité, je me sens très corrélé par tout cela et je pense que la poésie ne peut pas être étrangère à ce qui se passe dans le monde : l'évolution de nos sociétés, leur organisation et tous ces phénomènes bien connus auxquels nous assistons. L'histoire de l'humanité est une longue suite de guerre et d'atrocités, mais aussi de progrès et de victoires des œuvres de l'esprit dans certaines circonstances. Y-a-t-il des progrès de la moralité parallèles à ceux de la science, par exemple ? Je crains que non et si l'on a fait d'immenses progrès scientifiques et technique il faut concéder que l'on a fait moins de progrès dans la relation à autrui même si l'on a des déclarations internationales relatives aux droits de l'homme, etc. Certains annoncent la fin de l’espèce humaine : d’une certaine manière, on peut dire que l'homme est une sale bête, il maltraite les autres catégories du vivant dont il se sent le maître. Alors si c'est ça - une manière d'Homme-roi - l'humanisme, non merci ! Si, au contraire, l'humanisme consiste à ne pas se prendre pour le centre de l'univers, à ne pas se comporter comme le maître du vivant et à apprendre ou réapprendre à considérer la personne humaine avec respect - comme on ne le voit pas sur les réseaux sociaux par exemple - alors je ne puis qu'y être favorable et je considère que la poésie, sans être moralisatrice, a une mission éthique qui est, au travers de la littérature, de penser autrui avec respect et avec dignité.

Nima A. : À propos, comment te situes-tu par rapport au transhumanisme ?

Renaud : Tout d'abord je crois que l'état actuel de l'être humain n'est pas immuable, qu'il y a eu des évolutions de nos lointains ancêtres jusqu'à nous et qu'il y aura d'autres évolutions. Je ne vais donc pas annoncer le Surhomme (auquel réfléchit Nietzsche) pour demain matin mais, à la fin de mon livre "Histoires de la détermination", je m'amuse et m'interroge en imaginant une sorte de dialogue entre un homme d'aujourd'hui et celui d'un très lointain futur. Nous ne sommes pas la dernière (au sens d'ultime) version de l'homme. Maintenant, pour ce qu'il en est du transhumanisme, c'est quand même un autre bazar, car il s'agirait de dire, en réalité, qu'on va en finir avec la finitude de l'homme grâce aux progrès multiples de la médecine et de la science - les gens qui auront les moyens seront naturellement les premiers servis - et qu'à terme on pourrait ainsi arriver à l'immortalité de l'homme. Je crois qu'il s'agit là d'une chimère qui, du reste, a déjà existé dans les siècles précédents. On va certainement pouvoir prolonger sensiblement la durée moyenne de vie ; on y assiste déjà et ça va se poursuivre. Ainsi le sociologue et philosophe français Edgard Morin fêtera bientôt ses cent ans et il est toujours alerte et actif et j'ai naturellement de l'admiration pour les parcours vitalistes de ce genre. Par contre, je ne crois pas que l’on arrivera à l'immortalité de l'homme par la médecine, d'autant plus que, contrairement à beaucoup de gens, je ne trouve pas que la mort soit si absurde et catastrophique que cela. Imaginez un instant que nous soyons immortels et que nous soyons donc condamnés à vivre perpétuellement sur cette terre sans alternative. Cela finirait par devenir insupportable. Lacan a dit quelque chose comme ceci : « Comment pouvez-vous supporter un seul instant présent, si vous n’aviez pas la certitude qu’un jour cela va finir ? »[1] Voyez-vous, ça c'est très fort et je pense qu'effectivement la mort est partout dans le cosmos et que c'est une forme d'humanisme abâtardie ou égocentrique que de considérer que la mort serait normale pour toutes les autres catégories du vivant mais non pour nous. Mais non ! Au contraire c'est l'immortalité qui serait difficile à supporter et je trouve, finalement, qu'il est assez relaxant d'accepter qu'un jour nous tirerons notre révérence. La poésie se doit de parler de cela aussi. Ainsi Maurice Blanchot consacre un chapitre, "l'œuvre et l'espace de la mort", où l’interrogation autour de la mort gît au cœur de la littérature et tout particulièrement de la poésie.

Nima A. : Qu'en est-il de ta langue poétique, de ton-parlé-le-monde, si j'ose dire ? Et puisqu'il y a quelques années les éditions Le Coudrier ont réédité un recueil publié en 1981 qui s'intitule "L'Impraticable", j'en profiterai pour te demander si tu vois la poésie comme un art impraticable" ?

Renaud : Ah, ah ! (rires) En fait, l'impraticable signifie deux choses en somme. D'une part c'est ce qui ne peut pas être mis en pratique et de ce point de vue-là, il faut admettre que la poésie n'est pas orientée vers la pratique… Il y a d'autres trucs plus pratiques que la poésie. Traiter de ce qui n'est pas mis en pratique fait partie du champ poétique. D'autre part, vous avez tous fait l'expérience d'une route barrée, signalisée "non praticable" et à cet égard "l'impraticable" se donne alors comme un chemin dans lequel on va s'aventurer sans savoir ce qui nous attend et en prenant certains risques. J'ai donc voulu parler de ces choses et c'est certainement un de mes livres les plus difficiles et un des plus bizarre que j'ai fait. C'est ainsi encore une autre sorte de cheminement - ou de sport - que d'aborder l'impraticable…

Nima A. : Et qu'est ce qui selon toi caractérise ton verbe ?

Renaud : Ce serait plutôt au lecteur de le dire. J'ai pour ma part pratiqué différentes formes : j'ai écrit en vers, en prose, des textes courts ou des textes plus longs. En vérité je me permets tout ; vers monosyllabiques, dissyllabiques, etc. La poésie étant un tel champ de liberté, il faut éviter de toujours utiliser les mêmes ficelles, que ce soit de livres en livres ou de poèmes à poèmes. À la différence de nombreux recueils de poésie où les poèmes sont interchangeables et quasiment jumeaux, mes ouvrages sont donc assez dissemblables. Ce qui importe, je crois, c'est la musicalité. Il faut entendre le poème récité en son for intérieur. De ce point de vue on n’insistera jamais assez sur la musicalité naturelle de l'imparfait mais pas seulement, car la musicalité est, en fait, partout - et pas seulement dans la musique ; une conversation ordinaire en recèle déjà. Mais il faut aussi savoir rompre avec elle, si ce n'est la rompre, pour provoquer des chocs et des sursauts. Le sursaut et la musicalité sont donc deux registres qui me caractériseraient assez bien même s’il en est d'autres aussi.

Nima A. : Nos chroniqueurs du Grenier ont parlé de la qualité "imaginale" de ton verbe tandis que la regrettée France Bastia parlait des "images neuves et superbes jaillissant" de tes mots. Comment se construit l'image chez toi et quel rapport lui fais-tu entretenir avec la langue précisément ?

Renaud : Les images sont elles aussi un peu partout, dans la peinture, le cinéma, dans la musique bien sûr, dans la danse. Mais les images en poésie font avec les moyens du bord, c'est-à-dire uniquement les mots, et leurs constructions n'est pas nécessairement, à mes yeux, le critère de l'originalité poétique, je veux dire qu'il ne faut pas à tout prix essayer de faire de belles images si j'ose m'exprimer ainsi. Je crois que c'est le lecteur qui, après coup, découvre ces images comme magnifiques tandis que le poète est, lui, aux mains de son inconscient. Tous les poètes ont déjà fait cette expérience consistant à voir une image ou un vers dont ils pensaient qu'il convenait de l’attraper au vol, de rapidement l'emprisonner, je veux dire le noter, le retranscrire car, chose étrange, ils ont le sentiment qu'il pourrait "échapper". Il y a donc des segments de poésie qui nous traversent et que nous voulons saisir en en prenant note sur le champ, car nous savons qu'ils ne reviendront peut-être jamais. Ainsi l'image qui, de prime abord, apparaît pérenne, est en réalité quelque chose de très fugitif, de très évanescent et fragile à capter. Une fois que le poème est écrit l'image est alors stabilisée et chacun sera libre d'y voir ce qu'il veut.

Nima A. : Au fait qu'en est-il des poètes que tu aimes lire, de ceux qui t'influencent ?

Renaud : Il y a bien sûr les classiques, ceux que l'on enseigne à l'école. Par exemple, je trouve que La Fontaine est et demeure un génie extraordinaire. Parmi les contemporains récents, Edmond Jabès, Yves Bonnefoy, René Char ou Saint-John Perse : voilà quelques noms qui me viennent assez spontanément à l'esprit.

Nima : Nous arrivons au terme de cet entretien, aussi vais-je te demander quels sont tes prochains projets et prévois-tu d'autres publications poétiques ?

Renaud : J'ai en tête trois livres et en mains quelques briques pour ces livres. Le premier sera une sorte de pot-pourri qui variera au maximum les contenus, mais je n'en dirai pas plus. Avec le deuxième j'aimerais faire de la poésie avec tout ce qui touche à la mort, j'y parlerai des cimetières, de l'euthanasie, des fantômes, j'irai voir des gens qui font tourner des tables… Bref, j'ai envie de faire une espèce de somme, avec une liberté poétique extrême, pour traiter des morts et de tous les mondes des morts. Enfin je voudrais écrire un livre sur les cimes parce que je suis fasciné par les montagnes et un admirateur des héros-alpinistes de l'extrême et il y a là un thème que j'ai envie de traiter avec ma musicalité propre.

Nima : Il me reste donc à conclure en te remerciant de nous avoir accordé cet entretien, en recommandant à nos auditeurs d'écouter, sur notre chaine Youtube, la capsule "Poésies au Grenier" qui t'es consacré et…

Et surtout n'oubliez pas, ceci n'est pas un masque !




[1] Cité de mémoire. Le psychanalyste français Jacques Lacan a dit lors d'une conférence donnée à Louvain en 1972 : " La mort est du domaine de la foi - vous avez bien raison de croire que vous allez mourir bien sûr - ça vous soutient ! Si vous n'y croyiez pas, est-ce que vous pourriez supporter la vie que vous avez ? Si l'on était pas fermement appuyé sur cette certitude que ça finira, est-ce que vous pourriez supporter cette histoire ?...".
Chroniques de lectures
AM WILWERTH MIROIRS
A M WILWERTH
Anne-Marielle Wilwerth, Les Miroirs du désordre, 2021 (Le Taillis Pré, 2021)

Un travail patient et minutieux des mots, des textes de quatre lignes d’une délicatesse parfaite, que l’on a envie de se chuchoter à voix basse. Des mots qui ne font pas de bruit mais nous remuent doucement à l’intérieur. Comme des évidences qui sont dites et auxquelles la poète donne une nouvelle clarté.

La lune ce soir déverse
son trop plein d’enfance
offrant au monde
une abondante sérénité

Nous retrouvons ce qui fait respirer Anne-Marielle dans sa vie et de recueil en recueil, ces thèmes chers à son inspiration : l’invisible, l’extrême, l’infime, l’inouï, l’éphémère, le fugace, le furtif, l’inachevé, …, tous porteurs d’infini. Car on le sent si fort que

L’inachevé porte en lui
le voyage
ses heures de labeur
et ses vagabondages

Jamais de dureté, de rigidité, aucune certitude tranchante, plutôt s’en éloigner à tout prix,

Suivre nos doutes
à la trace
pour les empêcher
d’aller mordre la lumière

Marcher
avec pour amis /les miroirs reflétant/l’enjoué de nos désordres

Rester dans le bruissement, l’effleurement, car toujours l’on se tient penchés/au bord des mots,
ne jamais dire à voix trop haute, mais plutôt

Ecoutons le lac
lire à voix tremblée
les poèmes
tatoués sur nos lèvres

Ici, l’on touche du doigt, comme ongle d’un souffle sur le sable, l’essentiel, le secret des instants et des choses qui comptent, les moments pleins qui font la beauté de la vie.

De très belles encres d’Éric Hennebique illustrent le recueil.

Martine Rouhart
Viviane-Tâm Laroy - recension de Ishikawa couverture
Ishikawa Takuboku, Le Jouet triste suivi de Diverses choses sur la poésie, Traduction: J. Barbosa & A. Gouvret, Arfuyen, 2016, 104 p.

Découvrir ce « Rimbaud japonais » était ce qui m’avait motivée à m’emparer de ce recueil posthume de poèmes de Ishikawa Takuboku, Le Jouet Triste.

Triste, pas seulement parce qu’il s’agit de textes écrits pendant l’année et demie avant le décès du poète de tuberculose en 1912. Mais aussi parce que ce type de poésie écrit sous forme de « Tankas » se prête particulièrement bien à la mélancolie et à la rêverie de la vie quotidienne. Cette forme de poésie est bien plus ancienne que le très populaire « Haiku » et est considérée comme l’expression littéraire ultime au Japon.

Composé de deux parties, la première confortant la seconde, le « Tanka » impose une rupture de rythme aux sentiments et aux questions émergentes. Leur instantanéité se retrouve mise dans un nouveau champ de conscience par la prise distance que prend son émetteur avec son for intérieur.

Le temps se suspend dans une observation de soi à soi :

« De mes entrailles éclôt un bâillement,
Très longuement je bâille pour voir.
Premier jour de cette année » (p.31)

Et la mise en page de ce petit livre glacé, avec les textes originaux en japonais mis à la verticale de la traduction en français, n’en finit pas de nous faire voyager entre la tradition, les anciens temps, l’empire du soleil levant, la durée sensible typiquement japonaise et nous, le lecteur qui manions une langue qui se lit de gauche à droite, avec cette platitude qui lui est propre (image, p.57).
Viviane-Tâm Laroy - recension de Ishikawa
Alors ce « Rimbaud japonais » ?

Pas tout à fait : cet exercice de conscience des « Tankas » n’a pas les couleurs du poème connu qu’est « Le dormeur du Val ». Tout comme l’observation de soi à soi n’est pas un exercice de contemplation du monde extérieur, de sa cruauté et de son injustice.

Les deux auteurs sont morts tous les deux jeunes alors qu’ils avaient un avenir littéraire prometteur. C’est probablement ce qui les a rassemblés un bref instant dans l’histoire que nous nous racontons des poètes de tout temps et de tout pays : un joyau à ne pas rater !

Viviane-Tâm LAROY
CDJ TP CLÉMENT
Thierry-Pierre CLÉMENT, Écoutant la rivière, LES CHANTS DE JANE, n°26, GJT, avril 2021

Thierry- Pierre Clément nous propose un premier texte dédié à Jane Tony dont il fréquenta le Grenier aux Chansons.

Puis il nous entraîne dans l’aventure humaine en passant du « petit garçon seul dans la nuit » à notre condition « d’étrangers sur cette terre », à ceux qui « ont tracé la question qui restera sans réponse » et à celui qui ressemble « à cet oiseau qui battait de l’aile contre la vitre et tournait dans la cuisine. »

Il ne faut pas en conclure que ces poèmes soient sombres, bien au contraire. Comme le précise l’auteur : le choix des textes « essaye de donner à percevoir, si on écoute la rivière et comme de brèves étincelles sur l’eau, la simple musique d’une navigation en poésie » Et cette musique est belle !

Demeurent quand même toutes ces interrogations : »Comment dire l’infini et le silence ébloui dans le tonnerre des vagues ? »

Sans doute, en s’attaquant aux « tentatives de dire la vie » qui est :
« cet oiseau qui joint nos regards et nos lèvres
et lève dans des yeux d’enfants
le matin inouï

de chaque instant ».

Marguerite-Marie JAMES
Du temps jadis

François Villon (1431 - 1463)

Ballade des Dames du temps jadis

Dictes-moy où, n’en quel pays,
Est Flora, la belle Romaine ;
Archipiada, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine ;
Echo, parlant quand bruyt on maine
Dessus rivière ou sus estan,
Qui beauté eut trop plus qu’humaine ?
Mais où sont les neiges d’antan !

Où est la très sage Heloïs,
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierre Esbaillart à Sainct-Denys ?
Pour son amour eut cest essoyne.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust jetté en ung sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d’antan !

La royne Blanche comme ung lys,
Qui chantoit à voix de sereine ;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys ;
Harembourges, qui tint le Mayne,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;
Où sont-ilz, Vierge souveraine ?…
Mais où sont les neiges d’antan !

ENVOI

Prince, n’enquerez de sepmaine
Où elles sont, ne de cest an,
Qu’à ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d’antan !
Poésies au Grenier
PoesieS au Grenier_Renaud Denuit
PARUTIONS
Walter Benjamin
Walter Benjamin, Sonnette/Sonnets, Édition bilingue, Traduction et postface: Michel Métayer, avec un essai d'Antonia Birnbaum Al Dante/Les Presses du Réel, mars 2021, 208 p., 15,00
Vincent Lafaille
Vincent Lafaille, Il a fallu apprendre à lire dans le noir, Al Dante/Les Presses du Réel, 3e trimestre 2021, 64 p., 10,00€
Venus Khoury-Ghata
Vénus Khoury-Ghata, Éloignez-vous de ma fenêtre, Mercure de France, 03.06.2021, 128 p., 14,50€
Revue Voix D'Encre
Revue voix d'encre, n°64, Voix d'Encre, mars 2021,68 p., 12,00€
Stefan Zweig
Stefan Zweig, La Vie d'un poète, Édition bilingue, Traduction : Marie-Thérèse Kieffer, Préface : Gérard Pfister, Arfuyen, 03.06.2021, 192 p., 17,00€
Patricia Ryckewaert
Patricia Ryckewaert, Rose, Préface : Anne-Marie Derèse, Le Coudrier, 01.06.2021, 95 p., 18,00€
Olivier Domerg
Olivier Domerg, Le Manscrit, Le Corridor Bleu, 26.04.2021, 232 p., 18,00€
Kim Nam Jo
Kim Nam-Jo, D'amour et de lumière, Illustration: Bang Haï-Ja, Voix d'Encre, mars 2021,80 p., 32,00€
Marie de Quatrebarbes
Marie de Quatrebarbes, Les vivres, P.O.L., juin 2021,96 p., 12,00€
Marie Bauthias
Marie Bauthias, Généa/logi(qu)e(s) illusoire(s), Préface : Laurent Cauwet, Textes: Bernard Dumerchez, Al Dante/Les Presses du Réel, 2e trimestre 2021, 240 p., 25,00
Jean Luc Parant
Jean-Luc Parant, Soleil des autres, Al Dante/Les Presses du Réel, 3e trimestre 2021, 56 p., 9,00€
Jean-Louis Van Durme
Jean-Louis Van Durme, Un réverbère, une chapelle et trois colonnes orphelines, Les Chants de Jane, N°27, GJT, juin 2021, 25 p., 5,00
Gérard Pfister
Gérard Pfister, Hautes Huttes, Arfuyen, 03.06.2021
Ito Naga
Ito Naga, Je sens, Cheyne, 10.03.2021, 80 p., 17,00€
François de Cornière
François de Cornière, Quelque chose de ce qui se passe, Le Castor Astral, juin 2021, 168 p., 14,00
Gérard le Gouic
Gérard Le Gouic, Exercices d'incroyances, Gallimard, 10.06.2021, 80 p., 12,00
Florence Saint-Roch
Florence Saint-Roch, Rouge Peau Rouge, Le Castor Astral, juin 2021, 88 p., 12,00
Emile Chesnot
Émilien Chesnot, in carne, AE & Co, 12.03.2021, 72 p., 21,00€
Emmanuelle Jawad
Emmanuèle Jawad, Interférences, Al Dante/Les Presses du Réel, 3e trimestre 2021, 72 p., 10,00€
Daniel Kay
Daniel Kay, Tombeau de Jorge Luis Borges suivi d'Autres Stèles, Gallimard, 03.06.2021,128 p., 14,00
David Jauzion-Graverolles
David Jauzion-Graverolles, Lumière des limites, Gravures : Nadia Kuprina, Le Coudrier, 01.06.2021, 103 p., 18,00€
Clément Marot
Clément Marot, Les Épitres, Gallimard, 01.07.2021, 544 p., 10,40€
Claude Royet-Journoud
Claude Royet-Journoud, L'usage et les attributs du cœur, P.O.L., juin 2021, 96 p., 16,00€
Adonis Adoniada
Adonis, Adoniada, (NB: Genre: Roman), Le Seuil, 18.03.20201, 276 p., 23,00€
Renaud Ego
Renaud Ego, Vous êtes ici, Le Castor Astral, juillet 2021, 176 p., 14,00€
Évènements
Midi-De-La-Poésie
L’AEB remettra cette année deux prix de poésie :

PRIX HUBERT KRAINS
Le prix Hubert Krains, d'un montant de 500 euros, est décerné tous les deux ans.
Le prix récompense alternativement une œuvre en prose et une œuvre en vers. Cette année 2021 couronnera une œuvre en vers.
Sont seules admises des œuvres inédites dont les auteurs n'ont pas atteint l'âge de 40 ans à l’expiration du délai de dépôt des manuscrits, soit le 15 août 2021.
Envoyés en cinq exemplaires, les manuscrits dactylographiés ou très lisiblement écrits sont anonymes et portent une devise suivie d'un nombre. Devise et nombre sont reproduits sur une enveloppe qui est remise en même temps que les manuscrits et qui contient l'identité de l'auteur et sa date de naissance.
Le prix ne peut être partagé. Le jury peut décider qu'il n'y a pas lieu de l'attribuer ; dans ce cas, le montant du prix n'est pas augmenté la fois suivante.

ooOoo

PRIX DELABY-MOURMAUX
D’un montant de 500€, le prix Delaby-Mourmaux est attribué tous les deux ans à un recueil de poésie inédit ou publié au cours des deux dernières années précédant celle de la remise du prix.
Les recueils doivent parvenir en cinq exemplaires au siège de l’Association des écrivains belges, chaussée de Wavre, 150, 1050 Bruxelles, avec la mention « Prix Delaby-Mourmaux », avant le 15 août 2021.
Ils ne seront pas renvoyés aux auteurs.
L’œuvre couronnée doit avoir été écrite en français, à l’exclusion de toute traduction au départ d’une autre langue et comporter au moins trente pages dactylographiées ou imprimées.
Elle ne pourra avoir été rédigée en collaboration ni avoir obtenu un prix auparavant. Son auteur devra être de nationalité belge. Le prix ne sera pas partagé.
Créé grâce à une libéralité du poète défunt, le prix Delaby-Mourmaux permet à l’Association des Écrivains belges de langue française de commémorer le souvenir de Philippe Delaby, trésorier, puis secrétaire général de l’A.E.B., et de son épouse Jeanne Mourmaux.

Tous renseignements complémentaires peuvent être obtenus auprès du secrétariat de l'Association des Écrivains belges, Maison des Écrivains, chaussée de Wavre 150, 1050 Bruxelles (a.e.b@skynet.be)

Association des Écrivains Belges de langue française(AEB)
150, Chaussée de Wavre
1050 Bruxelles
www.ecrivainsbelges.be
a.e.b@skynet.be - 02/512.36.57
Sabam for Culture de l’auteur littéraire 2020

Quatre finalistes avaient été désignés pour l’édition 2021 : Nadine Monfils (pour Le souffleur de nuages), Carl Norac (pour Lucky Joey co-signé avec Stéphane Poulin / Journal de gestes/ La poésie pour adultes et pour enfants : le grand écart ?) , Martine Rouhart (pour le roman Les fantômes de Théodore et les recueils poétiques Loin des routes agitées / Dans le refuge de la lumière), et Marc Van Staen (pour Le bourgmestre de Bruxelles).

Le prix récompense Carl Norac pour une année 2020 au cours de laquelle il a officié comme Poète national.
ÉVENEMENT - Le Temps de l'Arbre
Cotisations
C’est le moment ! N’oubliez pas, si vous voulez recevoir les « Chants de Jane », de renouveler votre cotisation annuelle : 30 € à verser sur le compte du Grenier BE68 3630 1692 5934.
Informations
Attention ! Le Grenier Jane Tony a changé de compte en banque.
Voici le nouveau numéro de compte du Grenier : BE68 3630 1692 5934
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