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NRE 34 AGENDA
Agenda
poisson rouge confiné
Edito
Voici venu le temps ultime des prophéties de Cumes !

" Ultima Cumaei uenit iam carminis aetas ;
magnus ab integro saeclorum nascitur ordo."

" Voici venu le temps ultime des prophéties de Cumes ;
le grand ordre des siècles du tout au tout renaît. "

Virgile,
Quatrième Bucolique [Bucolica, Ecloga Quarta], 4-5



On nous annonce le printemps !

Et si, ne suis, la sybille Érytrée, ni Lybique, ni Tibertine je vous annonce dans la langue d'Hölderlin et à mi-mots germains, ce qu'en dit mon âme bucolique et ce qu'en prédisait déjà Virgile:

" Die Sonne glänzt, es blühen die Gefilde,

Die Tage kommen blütenreich und milde… " (F. Hölderlin, Der Frühling/ Le Printemps)

Oui, "le soleil brille et les champs (re)fleurissent et les jours arrivent chargés de fleurs et de douceur…"

Ainsi, disait Virgile ! L'âge d'or nous revient et le grand ordre des siècles du tout au tout renaît…

Voyez, Ami(e)s, le recueil de Philippe Leuckx, Solitude d'une Sente, qui paraît ce mois-ci sous le numéro 24 de notre collection Les Chants de Jane. (NB: un numéro qui sera distribué par voie postale -compte tenu de la période- à nos abonnés ou sur demande dans la limite des exemplaires disponibles).

Ou, encore, l'entretien et les mots que nous accorde Jean-Louis Van Durme dans notre web-série mensuelle, Ceci n'est pas un masque, à propos de son dernier opus, L'immensité du mieux.

Mais, toujours, la très belle présentation du recueil d' Arnaud Delcorte, Tjukurrpa, faite par notre amie Martine Rouhart.

Et, bien sûr de la poésie, toujours et encore plus de poésie avec des textes, ce mois-ci et entre-autre, de Carine Chavanne et de Philippe Colmant.

Enfin, un rapide passage en revue de quelques une des dernières parutions en matière poétique en France et en Belgique.

Voici le menu gorgé de fleurs de ce mois de février dont nous espérons que les douces saveurs vous feront oublier notre léger retard.

Croyez-moi, Votre bien Dévouée,
Lysztéria Valner, le 28.2.2021
Poésies
Nous avons reçus des poèmes et textes de nos membres. Cliquez sur leurs noms ci-après pour y avoir accès :

Martine Rouhart
Carine Chavanne
Renée Wohl
Philippe Colmant
Lysteria Valner
Chantal Demeter

Entretiens d'Auteurs
« Ceci n’est pas un masque ! épisode 2 : Jean-Louis Van Durme, L’immensité du mieux. » ?
VIDEO Van Durme
À propos de L'Immensité du mieux par Jean-Louis Van Durme

Vivre, vivre toi et moi. Et n’écrire les mots que par nécessité. Pour tout ce bleu entre les arbres qui ne demande qu’à vivre et que mon cœur suppose. Et pour ce ciel qui s’est rapproché de tes yeux, à l’ombre d’un grand saule et sans même hésiter. Dans le miroir de l’autre et la longue file d’attente des nuages. Et pour cette part de vie que j’ai cherché partout et qui ce matin attend qu’on lui rende la lumière. Et pour ce présent que j’arrache à l’attente et qui continue malgré tout d’avancer. Et pour la façon dont tu parles à la réalité et que chaque objet brise. Et voilà qu’un murmure revient en rampant. Un murmure comme il s’en écrit sur la rampe du temps. Un murmure qui changerait subtilement de registre. Comme un mot qui atteindrait cette fois sa cible et reviendrait aussitôt. J’invente un lieu propice aux départs. Un lieu qui désemplit l’espace. Un lieu dont je ne peux m’abstraire et dans lequel je te suis inatteignable. Un lieu comme on en trouve dans les livres et qui cherche ton nom. Versé dans la blancheur du silence et noué par le manque. Un lieu qui s’il existe te parlerait de ce dimanche où tu t’approchas tranquillement, mais pour quoi faire au juste et surtout pour quoi dire ?
Chroniques de lectures
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Arnaud Delcorte, Tjukurrpa, éditions Eranthis, 2019, illustrations de Kevens Prevaris

Le recueil, esthétique sur bien des plans, est une réussite. Ecrit au vif de la plume en une dizaine de jours, et « sans réécriture » (comme le dit l’auteur). C’est dire si les textes, jaillis dans l’instant et faisant écho aux turbulences du cœur et des corps, sont vrais et sincères et qu’il vaut mieux les lire dans l’ordre où ils sont venus / dans le désordre des émois.
Arnaud Delcorte nous parle sans fausse pudeur - en belles métaphores, quelquefois en mots simples et crus- de passion, du désir, du goût de l’autre.
Si ses textes font appel à la spiritualité (surtout bouddhiste, avec des références à des figures mythiques), comme répondant à un besoin de s’adosser à une dimension autre, plus haute que le réel, la sensualité et le charnel sont partout présents et prennent parfois le dessus.

Nul ne sait le chemin
du bonheur
car il n’est chemin
ni bonheur

nostalgie étrillée
au présent
de l’action

Les poèmes sont une sorte de monologue adressé à « l’autre ».
C’est un voyage au travers d’un monde étrange, vers différents ailleurs, tant extérieurs qu’intérieurs, dans un espace-temps hors du réel mais qui ferait aussi partie de l’invisible de nos vies (notons que Tjukurrpa est un mot qui vient de peuples anciens-ici les aborigènes d’Australie-que l’on peut traduire par « temps du rêve »).
Un voyage mystérieux aux escales exotiques et colorées, auxquelles les belles peintures surréalistes de l’haïtien Kevens Prevaris font parfaitement écho.

une autre couleur
dit le temps

autant que faire se peut
dans les vagues déserts du moment

ce matin grandiose
de tes vingt-quatre ans

où des bans d’yeux austères traversent
un ciel rose de monde

Le livre est beau, déjà à simplement le feuilleter. Le format carré, les peintures, mais aussi l’aspect graphique et aéré des poèmes. Souvent brefs, resserrés, chacun prend toute la page, faisant ainsi parler les silences et laissant de la place à la pensée.
La suite des textes, fluide, sans brisure (une absence de majuscule même en début de poème accentue cet effet), se lit d’une traite.

une
LIBERTE
dans la lettre

et le mot

un
JARDIN
de silences

Un recueil comme une longue et profonde respiration, un cheminement intime, heure par heure, minute par minute, dans un petit fragment d’éternité.

Martine Rouhart


Chants de Jane 24
Philippe LEUCKX, Solitude d'une sente, Les Chants de Jane, n°24, édition du Grenier Jane Tony, 2021, 25 p.

«Il est tout à fait évident que les lois de la métrique ne sont pas des lois tyranniques inventées arbitrairement. Ce sont les règles qu’exigent la structure même de l’esprit. Elles n’ont jamais interdit à l’esprit original de s’exprimer. Le contraire est sans doute plus vrai : elles ont toujours aidé l’esprit original à parvenir à l’originalité.»
Ch. Baudelaire

Poète de la sensibilité et de la mesure, Philippe Leuckx nous revient avec Solitude d'une sente, un très beau recueil qui ravive une strophe qui, pourtant prisée des poètes de la renaissance et des romantiques -sans oublier la fameuse stance malherbienne ni les chansons d’automne verlainienne-, est malheureusement devenue assez rare….

Quel est le rythme propre de la sestine ? Un doublement à la tierce ? Tierce qui est une manifestation naturelle de l'esprit humain en matière de rythmique (qu'elle soit poétique ou musicale) consistant à répéter deux fois le même élément et d'y adjoindre un troisième différents des deux premiers comme le montre la lyrique grecque (strophe, antistrophe et épode) ou la poésie des troubadours allemands (Stolle, Gegenstolle und Abgesang) . Il y à là quelque chose si ce n'est d'universel du moins de naturelle autant à l'esprit qu'à l'oreille.

De cette forme les poètes du moyen-âge tireraient le sizain de forme aab/aab que les modernes transmutèrent en sizain de forme aab/ccb.

Que deviennent ces choses là dans l'écriture de nos contemporains affranchis de la rime et qui se joue de la césure ?

C'est une promenade cadencée le long de la sente que nous propose ici l'auteur pour le découvrir, un chemin dont:

"Tu conviens d'un paysage
où il te plairait
de fondre
chagrin et langue
sans un seul mot de trop
ni contrevenir"

Qu'est la sente au Poète ?

"Sente familière
inscrite dans les herbes
comme autant de vers
à la lisière des peurs
le soleil peut sombrer
ici les pierres parlent haut"

À vous donc de parcourir cette sente et de vous laissez penser/panser par elle.

Quant à moi, j'emporte pour la route, pour mon dernier printemps, et ma tête fleurie, couronnées de pensées, ces vers éternels: "Mes souvenirs de sente/pleins de larmes/aux graviers…"

Lysztéria Valner
Du temps jadis

Clément Marot (1490 - 1544 )

À La Jeune Dame Mélancolique et Solitaire

Par seule amour, qui a tout surmonte,
On trouve grâce en divine bonté,
Et ne la faut par autre chemin querre.
Mais tu la veux par cruauté conquerre,
Qui est contraire à bonne volonté.
Certes c'est bien à toi grand cruauté,
De user en deuil la jeunesse et beauté,
Que t'a donné
Nature sur la terre
Par seule amour.
En sa verdeur se réjouit l'été,
Et sur l'hiver laisse joyeuseté.
En ta verdeur plaisir doneques asserre,
Puis tu diras (si vieillesse te serre) :
«
Adieu le temps qui si bon a été
Par seule amour ! »
PARUTIONS
Parution-RÛMI
Rûmî, Cette lumière est mon désir. Le livre de Shams de Tabriz, Trad. du persan par Jean-Claude Carrière, Mahin Tajadod et Nahal Tajadod. Édition de Nahal Tajadod. Préface de Jean-Claude Carrière, Gallimard,336 p., 19/11/2020
Parution-PHILIPPE LEUCKX
Philippe Leuckx, Nuit close. Sizains, éditions Bleu d'Encre, février 2021
Parution-PHILIPPE COLMANT
Philippe Colmant, Le tour de l'île, éditions Demdel, mars 2021
Parution-GILLES DEBARLE
Gilles Debarle, À l'aube des heures fertiles, illustrations: Gala Hagelberg Legillon, éditions Le Coudrier, mars 2021
Parution-ERRI DE LUCA
Erri de Luca, Aller simple suivi de l'hôte impénitent, édition bilngue, Traduction: Danièle Velin, Gallimard, 320 p., 25/2/2021
Parution-ERIC SARNER
Éric Sarner, Sugar suivi de Cœur chronique et de Petit carnet de silence, Préface: Jacques Darras, Gallimard, 352 p., 11/2/2021
Parution-COLLECTIF
Collectif, Le désir en nous comme un défi au monde, éditions du Castor Astral/ Le printemps des Poètes, 11/2/2021
Parution FRANÇOIS SUREAU
François Sureau, La Chanson de Passavant, Gallimard, 224 p., 14/1/2021
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